FLE Attaque
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Intersyndicale FLE-FLS du 24/11/2006 - Compte-rendu du Collectif FLE-FLSPar FLE Attaque :: 04/12/2006 à 23:58 :: Les syndicats, les collectifs et le FLE
Compte-rendu réalisé à partir des notes d’Amandine Bergère, de Véronique Lezine et d’Isabelle Maréchal. Relu et amendé par Chantal Forestal, William Charton, Gérard Ribot et Yannick Lefranc.
Etaient présents : Ouverture de la séance Chantal Forestal, présidente du comité d’organisation du collectif FLE-FLS, SNESUP Nous sommes ici parce que le secteur est l’exemple le plus négatif de l’économie libérale : les enseignants sont de plus en plus « expulsables et jetables » car sans statut et sans contrat de travail à l’étranger comme en France. Les enseignants : Dans le privé, on observe une succession de CDD, jusqu’à 8 (voire plus), une variété des statuts et des types de contrat ,variation des ’horaires et de salaires : de 11 à 15 euros brut de l’heure. Amandine Bergère, FLE Attaque J’ai vu dernièrement une annonce à 8,27 euros brut. Chantal Forestal Le secteur des migrants, quant à lui, est assujetti aux codes des marchés publics, qui met en concurrence des entreprises privées et des structures associatives. Les associations de proximité qui ont acquis une certaine expérience du terrain se trouvent dans l’obligation de licencier ou de fermer. Ces dysfonctionnements dans le public et dans le privé augurent de ce qui va se passer pour l’ensemble des langues vivantes. En effet on voit partout à l’étranger comme en France se développer le parascolaire pour l’enseignement des langues qui fragilisent le système public. Parce qu’il y a un désengagement de l’Etat de plus en plus de parents payent un cours privé à leurs enfants bien entendu l’anglais langue étrangère se développe au détriment du français qui recule. Se pose le problème de le reconnaissance de la didactique des langues-cultures au sein de l’Université française .Lors de la prochaine séance du (le 29/01/2007), sera soumise au CNU une proposition de modification de l’intitulé de la section 7ème section intitulé « Sciences du langage, linguistique et phonologie ». Nous proposons « Sciences du langage et didactique des langues-cultures .Avant de se prononcer sur ce texte Le CNU souhaite connaître la position des didacticiens. Lors de la réunion des responsables de maîtrise FLE à St Etienne, le changement d’intitulé a été voté à la majorité (27 pour, 1 abstention, 1 contre). Christian Puren et moi-même sommes au CNU. L’évolution est en marche. Témoignages Jocelyne Bicler : Prof de FLE En ce moment je suis en contrat d’octobre à janvier, pour 8 heures d’enseignement par semaine. Trois groupes : un groupe de personnes parlant français mais ne sachant pas lire et écrire, un groupe de FLE et un groupe d’alphabétisation. Je suis payée 14 euros brut de l’heure. La structure ne propose pas de matériel. A côté, je suis vacataire dans une entreprise (non FLE) et je suis correspondante d’un journal. Chantal Forestal On voit dans l’enseignement supérieur le pendant de cette situation : Des maîtres de conférence et des professeurs qui n’ont jamais connu la classe de langue (ou seulement durant un mois ou deux pendant des cours d’ été…) qui forment les futurs profs de FLE. Amandine Bergère J’ai travaillé dans le secteur associatif, à 12,20 de l’heure quand j’avais un contrat de travail. A côté je faisais des vacations à l’université ou dans le semi-public, à des tarifs variant entre 40 et 50 euros de l’heure. J’ai travaillé en CDII, sur ma fiche de paye, la convention collective était notée « Loi 1901 ». Pour compenser, j’étais vacataire à Science Po, à Dijon, à l’université de Tours en linguistique et dans un Institut. On est dans une insécurité permanente. Jocelyne BiclerIl y a des collègues qui travaillent depuis 10 ans en enchaînant les CDD. Il n’y a pas de CDI. Cela crée un climat malsain entre les profs. Chantal Forestal Il faut parler des conventions collectives. Gérard Ribot, Directeur de la communication du groupement fle.fr Témoignage d’un employeur privé. L’IMEF [dont GR est le directeur des études] est un institut privé d’enseignement supérieur, comme beaucoup de centres de FLE, même si c’est un statut peu connu. Le centre fait une déclaration d’ouverture auprès du rectorat de l’Académie. Mais les exigences sont variables selon les académies. Discussion générale sur le domaine FLE-FLS Michelle Lauton, direction nationale du SNESUP Il faut soulever la question de la qualité des centres de formation. Un centre universitaire est sous la responsabilité du CNU et du CA de l’université. Ce n’est pas la même chose avec l’enseignement du privé, il n’y a pas de vérification nationale, pas de validation. Gérard Ribot Attention, il y a deux choses à ne pas confondre quant on parle du FLE à l’université :
Thierry Lebeaupin, Collectif FLE-FLS, SGEN-CFDT, prof au CLA de Besançon Le Centre de Linguistique Appliquée de Besançon a été créé dans les années cinquante . C’était un centre créé au départ pour permettre aux gens de faire des expériences d’enseignement (méthodes audio-visuelles), puis s’est devenu une association loi 1901, et peu à peu un service commun de l’université. Mais cela ne lui donne pas le droit de délivrer des diplômes. Bernard Deknuydt SNESUP Dans les facs, il y a des statuts très différents : associations, centres de formation continue, instituts etc. Luc Bentz, UNSA éducation Le secteur de la formation linguistique ne permet pas toujours de prévoir les besoins : les employeurs sont eux-mêmes victimes de l’insécurité sociale. Il semble impossible de créer de la sécurité professionnelle dans une situation très mouvante, avec des objectifs limités dans le temps. Il y a peu de CDII lissés. Jean-Pierre Adami, FERC-CGTIl faut éviter de schématiser l’opposition public / privé. Par exemple, Le CLA de Besançon est devenu un service commun de l’université, il a des comptes à rendre. Isabelle Maréchal, Prof de FLE-FLS (CIDEF univ. catho de l’Ouest, Angers) Il ne faut pas schématiser : il y partout, dans le public comme dans le privé, de bonnes et de mauvaises pratiques. Pascale Canova, SGEN-CFDT de l’étranger Les centres payent leur labellisation, ce qui est très discutable… Il y a mélange des genres, on paye pour la labellisation d’une part et pour la promotion de son centre d’autre part, alors qu’en est-il des critères qualité ? Il y aurait deux livrets ? Jean-Pierre Adami Au CNESER [Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche], il a été décidé que Chantal Forestal En quoi est-ce que le label qualité est dévastateur, il faut peut-être l’expliquer. Jean-Pierre Adami L’effet touchera tout le monde et fragilisera le FLE-FLS par rapport à sa mission de service public. Thierry Lebeaupin On demande aux enseignants et aux centres de rapporter beaucoup et d’être rentables. Les contractuels des centres universitaires sont maintenant des « accompagnateurs pédagogiques ». Pourquoi cette politique de maintien de la précarité ? Solange Fasoli, CGT Pour ma part, j’ai une écoute interprofessionnelle des discussions, qui porte sur deux points : Chantal Forestal Gérard, est-ce que tu peux nous rappeler en quoi consiste la labellisation des centres de FLE ? Gérard Ribot Nous sommes à un moment où des choix doivent être faits et les enjeux et les problèmes que nous nous posons viennent du fait que nous sommes immergés dans un contexte global de marchandisation.Il faut l’assumer et il faut savoir comment accompagner ces transformations : il faut être revendicatif envers les pouvoir spublics, mais aussi assumer ses propres responsabilités sur les questions de conditions de travail et de qualité. Nous avons tenté pendant 2 ans de participer à l’élaboration de cette labellisation, car la démarche qualité est une exigence qui s’impose à tous aujourd’hui . Mais faute d’une véritable concertation avec les professionnels ceux-ci ne se reconnaissent pas dans un dispositif administratif et peu adapté aux réalités professionnelles. Il faut rappeler enfin que le budget prévu pour cette labellisation est de 1 million d’euros sur 4 ans, entièrement supporté par les centres (en majorité privés) que l’on a pris soin au préalable d’exclure de la mise en place du dispositif. Yannick Lefranc, Collectif FLE-FLS, SNESUPAu-delà de la diversité des situations, on peut voir une logique d’insécurisation sociale. Par exemple, à l’université, on n’arrête pas de faire des réformes : après le LMD, on nous lance dans le PRES. Au niveau des organismes de formation, il y a une logique affreuse : la concurrence par appels d’offres, qui met la pression sur les centres, donc sur les salariés, et par contre-coup sur les apprenants. Les boîtes disparaissent. La pression s’observe partout, y compris à l’université. Jean Bellanger, président de la Fédération des Associations pour l’Enseignement et la Formation des Travailleurs Immigrés et leurs familles (AEFTI)Je suis tout à fait d’accord en ce qui concerne l’insécurité sociale. Je sens un changement par rapport à notre dernière réunion. Nous construisons un langage commun, ce qui sera mieux compris par les autorités. Quant aux formateurs ils sont victimes de la situation, ils manquent d’information. Gérard RibotA propos de Centres pour les Etudes en France ( CEF), qui ont commencé à se mettre en place il y a un an et demi dans 6 pays, et qui sont appelés à se généraliser : le dispositif vise à faciliter les procédures d’inscription des étudiants étrangers. C’est une bonne idée, mais génératrice de « dégâts collatéraux » (expression d’Antoine Grassin). Les CEF vérifient les parcours et les projets de l’étudiant étranger qui veut venir en France. Mais tout n’a pas été pensé. Ainsi ceux qui veulent venir en France plus de trois mois pour seulement apprendre le français ne remplissent pas les critères d’obtention de visa. Proposition de distribution des tâches Jean-Pierre Adami Ta vision du dispositif CEF est optimiste. C’est la mise en place de l’immigration choisie, voulue par le Ministère de l’intérieur. Derrière, il y a toute une logique qui nous dépasse. Donc le tableau était nécessaire. Pour la démarche de labellisation : la démarche est bien fondée, mais il faut savoir quel type d’évaluation on fait, dans un contexte néolibéral poussé à l’extrême. Il faut aller plus loin qu’une contestation de l’aspect formel des choses. Pour chaque point, il faudrait deux parties 1) Bilan 2) Propositions. Il faut créer un rapport de force. Pour la labellisation, il faut rappeler les trois points d’engagement du CNESER Serge Desvernois Prof de FLE-FLS (CLIN Paris 15e)Je représente les enfants qui sont dans le primaire. Je crois que nous sommes tous d’accord. Chantal Forestal Il faudrait définir le statut et les fonctions : le professeur de CLIN est à la fois enseignant et acteur social , encore faudrait-il prendre en compte cet aspect du service . Michel-Patrick De Miras, SNUIPP, prof de FLE-FLS (CLIN Paris 15e) Nous avons une mission de diffusion de la langue française, mais nous n’avons pas de statut particulier. Dans la presse syndicale, il n’y a rien, alors qu’il y a des disfonctionnements patents, en particulier dans les CASNAV. Michelle Lauton Nous souhaiterions une présence plus forte du SNES et du SNUIPP. Le collectif doit avoir une position plus forte sur la diffusion du français dans le monde, la défense de la francophonie et la question du CEF. Certaines choses sont en train de changer : on discute de la modification de l’arrêté de l’organisation des études en Master : il est question de pouvoir faire des cours en langue étrangère (traduire : en anglais). N’y-a-t’il pas menace pour notre langue au sein de l’université. Jocelyne Sourriceau Sur ce point il convient de relativiser : les étrangers qui souhaitent suivre nos formations universitaires en France finissent aussi par apprendre notre langue et deviennent un facteur de diffusion à l’étranger. Amandine Bergère On a beaucoup parlé du public, mais il ne faut pas oublier le secteur privé. Lors des Etats Généraux, les AEFTI s’étaient levés pour dire qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ce qui se faisait. Nous devons travailler en synergie et il faut que les représentants syndicaux présents aujourd’hui fassent appel à leurs collègues représentants du secteur privé. Les profs de FLE souhaitent se syndiquer, le désir est très fort. Les messages laissés sur le blog FLE Attaque le montrent. Mais ils souhaitent que le mouvement syndical réponde à des questions concrètes : les heures de face à face pédagogique (de 16 à 35 heures selon les conventions collectives), les salaires, les congés payés… Il faut travailler ensemble et réunir tout le monde. Christine Sedraine, Collectif FLE-FLS, SNESUP, Prof de FLE-FLS (U. Toulouse 1) Il faut faire le livre blanc, il faut communiquer. William Charton, Collectif FLE-FLS Aujourd’hui, beaucoup de choses sont en cours, mais aucune information syndicale ne redescend. De plus, en ce qui concerne le secteur public, de nombreuses décisions sont prises sans aucune véritable réaction des CA et des Cevu. Des départements fonctionnent sans statut, des contrats honteux sont proposés aux enseignants sans que les syndicats locaux ne réagissent. C’est là que nous attendons la présence syndicale. Véronique Lezine, FLE Attaque Il faut qu’on soit concrets maintenant. Luc Bentz Il faut creuser le problème, interpeller les syndicats Jean-Pierre Adami Propositions : ci-dessous la répartition de travail pour la rédaction d’un livre blanc à destination des responsables politiques William Charton Il faut inciter les syndicats à renvoyer l’information. Il faut aider les personnels du privé et du public. Au moment où plusieurs universités via leur CA et leur Cevu vont voter les partenariats avec les CEF, la labellisation des centres, les CDI pour leurs enseignants Fle, une information efficace des Présidences d’université, des syndicats locaux et surtout des personnels est plus que jamais nécessaire. Dans le secteur privé, il faut que les sections syndicales locales aient conscience de l’extrême précarité des conditions de travail et offrent un réel soutien à ceux qui en ont besoin Chantal Forestal LIVRE BLANC DE LA LANGUE-CULTURE FRANCAISE Proposition de répartition pour rédaction
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