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Compte-rendu de la présence du collectif FLE Attaque à Expolangues 2007, les mercredi 24 et vendredi 26 janvier.

Par FLE Attaque :: 17/02/2007 à 9:34 :: Les actions des collectifs FLE Attaque

Mercredi 24 janvier

Conférence organisée par le ministère des Affaires étrangères : « La formation des professeurs de français langue étrangère : Partenariats, initiatives et perspectives en France et à l'étranger. »

Etaient présents : M. Dario Pagel, président de la FIPF, Mme Kirsch, chef du bureau du Français à la conquête des nouveaux publics à la sous-direction du Français, Mme Mireille Cheval, attachée de coopération éducative auprès de l’ambassade de France en Russie, la directrice de l’Alliance Française de Paris, Manuela Ferreira Pinto, responsable du pôle langue française au CIEP.

Pendant une heure les intervenants présents exposent les « formidables » perspectives de la promotion du français à l’étranger et les « fantastiques » opportunités de formations pour les enseignants en louant le travail « sur le terrain » des professeurs sur un ton optimiste.

Cet exposé nous semble très partiel, oubliant la réalité des conditions de travail des enseignants FLE à l’étranger et les problématiques du retour en France. Nous décidons de poser des questions sur ces deux thèmes. Alors que les intervenants et surtout la directrice de la coopération culturelle et du français à l’étranger acceptent mal les questions, la salle nous applaudit. Il nous est proposé de continuer notre intervention en privé sur le stand du MAE. Nous acceptons. Avant de sortir de la salle, nous répondons aux personnes, qui, intéressées par notre collectif, se pressent autour de nous.

Sur le stand du MAE nous exposons notre situation, nos actions et nos revendications à Madame Saragosse qui nous reproche notre mode d'action. Nous lui expliquons que nous cherchons des interlocuteurs pour faire reconnaître notre métier et obtenir un statut et qu'au vu de nos dures conditions de travail, elle peut facilement admettre que son discours « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » nous agace légèrement.

Elle avoue finalement que son mari était prof de FLE et qu'il a dû passer des concours et changer de métier pour obtenir une meilleure qualité de vie alors qu’elle prétendait quelques minutes plus tôt ne pas connaître « le dossier » des enseignants FLE à l’étranger. Finalement, elle nous rassure, le ministère s'occupe d'une harmonisation de la grille des salaires à l'étranger et cette harmonisation couvrirait 80 % des structures dépendant directement du MAE à l'étranger. Madamme Saragosse, directrice de la coopération culturelle et du français à l’étranger, nous laisse finalement, mais sans conviction, sa carte pour que nous lui envoyions notre livre blanc.

Vendredi 26 janvier

Nous nous répartissons entre la conférence MAE et la conférence CIEP.

Conférence organisée par le ministère des Affaires étrangères : « Promotion et innovation : deux enjeux pour l’enseignement et l’apprentissage du français à l’étranger. »

Madame Sophie Lovy-Laszlo, sous-directrice du français au MAE, introduit la conférence sur l’innovation en matière d’enseignement / apprentissage du français grâce aux outils informatiques : ouverture vers « le rêve », « couleurs chatoyantes de la langue française », diversité « merveilleuse » !

La présentation de différents projets (en Hongrie, au Cavilam et au Clab) d’utilisation des outils numériques et audiovisuels (avec la participation d’un représentant d’une association de professeurs américains de français), se termine à 15h44. La conférence se terminant officiellement à 15h45, il reste une minute à la salle pour poser des questions !

Nous réussissons quand même à interpeller le MAE : en les remerciant de cette présentation et en leur demandant si une promotion et innovation de qualité en matière d’enseignement et apprentissage du français sont réalisables sans envisager en parallèle une certaine stabilité pour les professeurs français qui assurent cet enseignement accompagnée d'une reconnaissance de leurs droits sociaux élémentaires. Réponse : « Nous allons regrouper les questions. Question suivante »

Pas le temps d’aller plus avant, nous retrouvons Mme Lovy-Laszlo au stand MAE où une réception est organisée : très souriante, douce et polie, lisse et impénétrable : « je vous ai entendu » conclut-elle.

Réaction sans surprise. Nous avons fait ce qui était prévu : mettre notre petit grain de sable.Nous lui demandons ses coordonnées pour lui envoyer le Livre Blanc du FLE/FLS. Des personnes sont venues nous voir, nous féliciter, nous encourager. Le collectif FLE Attaque s’est fait entendre.

Conférence organisée par le CIEP : « La labellisation des centres de français langue étrangère en France : un outil au service de la qualité. »

La conférence présentait donc le tout nouveau label pour les centres de FLE de la manière suivante : les enjeux, les entités, les outils, les processus et procédures, le calendrier des inscriptions 2006-2007, l’attribution du label et la tarification.

Ce qui nous a particulièrement intéressés, en tant que défenseurs des enseignants de FLE, c’est, dans la partie «processus et procédures », les critères de recevabilité du dossier de candidature d’un centre de langue à cette labellisation : le troisième critère parle de la contractualisation dans les centres de langue, il est dit que :

« Lorsque le centre fonctionne de manière permanente, il assure 2400 heures d’enseignement en français langue étrangère par an et emploie des personnes à temps plein en CDI. Lorsque le centre fonctionne de manière intermittente, il assure au moins 1200 heures d’enseignement par an, répartie sur 4 mois, le volume horaire mensuel assuré étant égal ou supérieur à 300 heures. Il emploie au moins une personne en CDI à temps plein ou à temps partiel ». Notre première question a donc porté sur ce passage : « Nous nous réjouissons que soit abordée la question des contrats dans les écoles de langue et que la contractualisation des personnes soit un critère de recevabilité des candidatures. En effet, impossible d’imaginer un travail de qualité sans des conditions de travail équivalentes, c’est ce que prône notre collectif. Nous aimerions cependant avoir certaines précisions : Vous parlez de « personnes employées en CDI » ; par personne à qui vous référez-vous : au personnel administratif ou aux enseignants ? Est-ce que le terme CDI peut s’interpréter comme CDII ? » Celui qui nous répond élude gentiment la question : par «personnes » il entend : les personnels administratifs comme les enseignants sans discrimination, quant aux types de contrat ce n’est pas à lui de statuer sur le droit du travail.

Deuxième question qui concerne les centres de langue qui refusent de se présenter à la labellisation ; réponse : à sa connaissance aucun centre ne refuse de participer à cette opération de qualité.

Il pense que tout est dit mais un autre membre de FLE Attaque reprend la parole pour souligner l’importance des conditions de travail de qualité pour un enseignement de qualité : « Quel moyen compte-t-il utiliser pour lutter contre les situations de travail précaire des enseignants dans les centres de langues : CDII, CDD d’usage, contrat horaire, etc ? ». Il pense que les critères mis en place sont une avancée et que cette démarche de qualité créera un cercle vertueux qui répondra à nos problèmes. Comme nous insistons, il précise que lui et les autres membres ont été profs de fle et qu’ils connaissent parfaitement les difficultés, qu’ils ont eux-mêmes été vacataires, que nous sommes bien jeunes et qu’il est dans l’ordre des choses d’être dans une situation précaire. A partir de là difficile de discuter davantage surtout qu’il clôt le débat par la sentence : « Nous vous avons entendu ».

A la sortie nous tractons : « Vous voulez soutenir les enseignants de FLE ? » « Connaissez-vous la réalité des conditions de travail des enseignants de FLE ? »… Le chargé de mission pour le français dans le monde (DGLFLF) au ministère de la culture, Monsieur Pierre Janin, se présente à nous comme l’initiateur de la clause sur la contractualisation en CDI dans les écoles de FLE. Il nous soutient réellement et affirme qu’il a déjà dû batailler beaucoup pour obtenir ces quelques lignes, qu’il faut être patient et que peu à peu la prise de conscience se fait. Il a reçu récemment une thèse sur les conditions de travail des enseignants de FLE en 1850 et a été atterré en la lisant car il a constaté que rien n’a changé. Le secteur reste précaire. Il se propose de nous faire parvenir ce document. Il nous laisse toutes ses coordonnées pour qu’on le tienne au courant de notre mouvement. Nous lui parlons du livre blanc, il attend de le recevoir.

Distribution de tracts :

Après les conférences, nous distribuons des tracts aux stands des éditeurs FLE.

« Bonjour, vous connaissez le FLE ? Vous êtes prof de FLE ? Vous connaissez FLE Attaque ? »

Bilan général : FLE Attaque commence à être connu, ça fait très plaisir. Dans l’ensemble, les gens que nous abordons pour leur expliquer ce que nous faisons sont ravis et nous encouragent vivement. Plusieurs personnes connaissaient déjà notre blog et la majorité se sentait concernée par nos revendications..

D’autres nous disent qu’ils vont diffuser le plus largement possible notre prospectus : la responsable d’un centre de documentation sur l’illettrisme (très heureuse que nous ayons inclus cette spécialité dans notre intitulé) un responsable des éditions Hachette, bien au fait des réalités du secteur (il sait même que la rémunération horaire se trouve aux alentours de 8 / 9 euros de l’heure !), une responsable de filière FLE à Paris… les statistiques du blog vont grimper !

Françoise Ploquin, rédactrice en chef du français dans le monde, nous a regardé tracter avec bienveillance pendant toute la durée d’Expolangues. Le samedi, nous allons la voir et lui demandons si, dans le prochain numéro consacré au thème « enseignement du FLE et blogs », il ne pourrait pas y avoir un article sur le blog FLE Attaque. Elle accepte avec plaisir…

Nous avons également eu la bonne surprise de rencontrer en chair et en os une sympathisante bretonne qui avait pris contact avec nous via internet. Elle se propose de créer une antenne FLE Attaque dans sa région. FLE Attaque s’agrandit !

Quelques fausses notes, cependant : deux enseignants de la filière FLE de l’université de Dijon nous expliquent que les profs de FLE qui n’arrivent pas à s’en sortir ne sont tout simplement pas malins, (35 euros de l’heure en vacation serait une rémunération minable à leurs yeux)… et que de toute façon, il faut passer des concours, si on veut un « vrai métier » !!!

Pour contrebalancer, nous avons rencontré un directeur d’Alliance Française ultra-intègre : il n’utilise pas de stagiaires à la place de profs qualifiés, et la rémunération horaire qu’il nous a indiquée nous a immédiatement fait nous prosterner à ses pieds. Comme quoi, les directeurs d’AF ne sont pas obligés de recourir à des pratiques indignes pour que leur bilan comptable soit correct !

Nous avons encore du chemin à parcourir, mais ce bain de foule nous a fait un bien fou : nous avons la confirmation que FLE Attaque répond à un besoin profond chez les professionnels du FLE/FLS, de l’alphabétisation et de la lutte contre l’illettrisme.

Le collectif Fle Attaque

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