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Livre Blanc FLE attaque (2) Modes et critères de recrutement

Par FLE Attaque :: 09/03/2006 à 21:25 :: Les actions du collectif FLE Attaque

1- Le réseau officiel de diffusion des offres d’emploi est mal constitué

Il existe un nombre restreint de sites spécialisés dans l’offre d’emploi et de stages FLE.

Outre le site de l’ANPE (ROME 22211 formateur/trice, 22121 enseignement général, 22131 enseignement supérieur, 22213 responsable pédagogique), l’espace emploi international (ANPE-ANAEM) et des sites généralistes privés comme monster.com, il existe plusieurs sites et listes de diffusion spécialisés pour les enseignants de FLE : fle.fr, fdlm.org, auf.org, alliancefr.org ou pour les formateurs en France : formaguide.com. Pour l’emploi dans des structures scolaires à l’étranger, l’AEFE publie ses offres sur son site aefe.diplomatie.fr et les missions laïques sur mission-laïque.asso.fr.

Les offres d’emploi publiées sur ces sites couvrent la totalité des débouchés du FLE/FLS : enseignant-formateur, lecteur, professeur d’université, responsable pédagogique, directeur de centre, responsable commercial.

Par ailleurs, sur les sites, généralistes il faut une certaine expertise pour croiser les critères de recherche et avoir accès aux offres de postes. 

2- Les pratiques de recrutement imposent de fait un marché caché

En effet, dans certains milieux professionnels, le recrutement de formateurs ne se fait que par le bouche-à-oreille ou la cooptation.

Pour les vacations à l’université : le recrutement à l’université ne se fait pas sur CV ou entretien mais quasi exclusivement par cooptation. Les conditions de travail sont tellement rocambolesques qu’il n’est pas possible de publier les offres. En effet, on commence bien souvent à enseigner en septembre, plusieurs mois avant que le budget ne soit voté et débloqué (en novembre) et que les papiers nécessaires soient remplis (en décembre). La relation de confiance entre le "recruteur" (un maître de conférence lambda bien souvent) et le recruté est la seule garantie de paiement (tardif, en mars) du vacataire. Dans des cas extrêmes, s’il s’avère que le profil du vacataire ne correspond pas aux critères administratifs ou que les crédits n’ont pas été débloqués (très rare, mais avéré), le recruteur déclare les heures effectuées par le vacataire sur son propre service et rembourse de la main à la main le vacataire. 

Dans les centres sociaux : on tend à préférer le passage "par le réseau". Bien qu’il y ait un site dédié aux offres d’emploi (http://www.centres-sociaux.asso.fr), il est peu utilisé pour le recrutement des formateurs. Cela est peut-être lié au flou qui entoure la définition des diplômes et qualifications requis pour le poste de "professeur" dans la convention collective des centres sociaux et la variété des tâches affectées aux "professeurs" en fonction des structures. 

Dans les centres de formation financés par des marchés publics : lorsqu’on est engagé, on s’aperçoit souvent que sont recrutés aussi : les amis, connaissances ou membres de la famille des responsables. Ces personnes n’ont pas les diplômes pourtant requis dans les offres d’emploi. Le cahier des charges stipule qu’un certain pourcentage des formateurs doit être diplômé Bac+4. Dans les faits, on trouve des formateurs n’ayant pas la formation adéquate ou recrutés à Bac+2. 

Dans certaines mairies : refus de passer une annonce et recherche exclusive dans le réseau relationnel de la ville ou de la mairie. 

A l’étranger, dans certaines Alliances françaises ou Instituts : des personnes sont employées au noir. Par ailleurs, le placement de conjoint ou le recrutement du premier Français venu est parfois la norme. 

Toutes les structures mentionnées disposent de moyens de diffusion des offres d’emploi, cette diffusion publique est nécessaire, afin de limiter le phénomène de cooptation et les abus d’une part, et d’autre part, de promouvoir la formation FLE/FLS.

Il est également de la responsabilité des organismes financeurs (ACSE[1], Région) de vérifier que leurs cahiers des charges sont respectés et que les formateurs des structures sélectionnées ont effectivement la formation requise. 

3- Les postes qui devraient être attribués à des professionnels du FLE/FLS sont occupés par des bénévoles ou des stagiaires :

En France, le secteur de la formation FLE/FLS pour les immigrés repose pour partie sur le volontariat. Cette situation a des fondements historiques et sociaux (charité, militantisme), mais également institutionnels. Malgré ses très nombreuses déclarations d’intention, l’Etat ne finance qu’une faible part des besoins effectifs en formation. Il ne doit pourtant pas se reposer sur les bénévoles pour se dégager de ses responsabilités. Il doit assurer pleinement sa mission de service public.

Les postes qui devraient être attribués à des professionnels du FLE/FLS se trouvent trop souvent, de fait, occupés par des bénévoles non formés et non qualifiés pour ce type d’emploi qui de plus ne sont pas encadrés par des professionnels. Les bénévoles sont les premiers à reconnaître qu’ils n’ont pas la formation pour assurer les fonctions qu’ils occupent. Ils se tournent souvent vers les professionnels du FLE/FLS pour trouver des conseils.

Par ailleurs, les offres de stages publiées en France et à l’étranger sont bien plus nombreuses que les offres d’emploi. Il est usuel que des stagiaires effectuent, sans aucun suivi, des tâches d’enseignement qui nécessitent une expertise professionnelle à des salariés. Certaines annonces sont révélatrices et exigent du stagiaire une à plusieurs années d’expériences d’enseignement.

Les postes qui devraient être attribués à des professionnels du FLE/FLS se trouvent, de fait, occupés par des stagiaires peu ou pas rémunérés. Les stagiaires n’étant dans la plupart du temps pas encadrés, ils se tournent vers leurs collègues pour avoir un retour sur ses premières expériences d’enseignements et des conseils par rapport aux difficultés qu’ils rencontrent.

Cette situation contribue à tirer par le bas les conditions de travail et de rémunération des formateurs FLE/FLS et par contrecoup à dévaloriser aussi le public déjà fragile auquel ces cours s’adressent.

Il est de la responsabilité de l’Etat de faire en sorte que la formation linguistique des immigrés se professionnalise. Il est de la responsabilité des universités de vérifier que les conditions de stage restent dans le cadre d’un projet pédagogique.

Nous demandons que l’Etat et les Universités mobilisent les moyens nécessaires.

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Commentaires

Le 24/04/2007 à 16:35, par cécile
Je voudrais rajouter autre chose concernant l'étranger-moi qui ai découvert ce site aujourd'hui- c'est l'opacité concernant les contrats du MAE qu'on appelle CRSP, rémunérés entre 1500 et 2000 euros par mois, assortis d'assedics en fin de contrat.
Il y a plusieurs contrats de ce type dans le monde, mais il est rare que des annonces soient publiées quand il s'agit de recruter, puisque les amis de l'attaché de coopération, avec ou sans maîtrise FLE, avec ou sans expérience ni d'enseignement, ni d'ingénierie de formation, ni de "logistique" sont embauchés.
On apprend ainsi qu'une Française vient d'arriver, elle nous apprend qu'elle va faire telle chose, et quand on voit l'expérience qu'elle a et l'expérience que certains profs qui travaillent comme "simples"professeurs dans des centres culturels ont, aussi bien dans l'enseignement qu'en ingénierie, mise en place de projets etc eh bien, on est vraiment DEGOUTES
Pourquoi l'état n'est-il pas obligé de passer des annonces et de recruter des gens avec un certain profil formation et expérience?
Et je ne parle même pas des attachés de coopération incompétents à 8000 euros par mois pendant quatre ans! Heureusement, celui dont je dépends est compétent, c'est bien la première fois que je vois ça!

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