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Le DILF et le CAI

Par FLE Attaque :: 20/05/2007 à 20:57 :: Zoom sur les medias Quesaco le FLE

Le contrat d'accueil et d'intégration (CAI) et le diplôme initial de langue française (DILF) : deux outils de la nouvelle politique d'intégration en France.

La France, depuis le discours prononcé par Jacques Chirac en 2002, relatif au Pacte républicain, souhaite faire de l’accueil des primo arrivants une priorité dans sa politique d’intégration. Le Comité Interministériel à l’Intégration a défini en 2003 les axes d’action, avec, pour principal pilier du dispositif d’accueil des migrants, la mise en œuvre du contrat d’accueil et d’intégration (CAI). Contrat républicain s’inscrivant dans une logique de droits et d’obligations réciproques, le CAI est conclu entre l’Etat et le primo-arrivant. Sa signature est obligatoire depuis la loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’intégration.

C’est l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) qui est chargée de la mise en œuvre du service public de l’accueil des étrangers. Des prescripteurs linguistiques y évaluent les migrants signataires du CAI pour définir leur niveau de français et déterminer s’ils doivent ou non  suivre des cours. L’exigence est d’acquérir un français à l’oral et à l’écrit de niveau A1.1. (niveau déterminé en fonction de l’échelle des niveaux linguistiques du Conseil de l’Europe ). Le niveau A1.1 constitue le niveau minimal de compétence en français, à l’oral comme à l’écrit, que possèdent ou peuvent acquérir des personnes nouvellement arrivées, qui ont été peu ou pas scolarisées dans leur pays d’origine. Ce niveau valorise les tous premiers acquis. Il s’agit du niveau le plus élémentaire d’utilisation de la langue. Le migrant se voit alors prescrire entre 200 à 400 heures de formation au français.

La formation linguistique prescrite aux migrants n’ayant pas le niveau A1.1 à l’entrée sur le territoire français sera validée par le diplôme initial de langue française (DILF), créé par décret en date du 19 décembre 2006.

En rendant obligatoires les cours de français pour les signataires du CAI qui se trouvent en-deçà du niveau A1.1, la France s’aligne sur la plupart de ses voisins européens. Toutefois, l’obligation de suivre des cours de français dans le cadre du CAI n’a pas été accueillie favorablement, de nombreuses associations ont réagi de façon virulente et ont considéré cette obligation comme une atteinte aux libertés individuelles. Pour illustrer ce propos, nous citerons un extrait de la table ronde intitulée « Les politiques de l’intégration en Europe : peut-on parler d’une politique européenne d’intégration » tiré du site « Eduscol » :

« Jeannette Bougrab: Lors du débat sur le contrat d'accueil et d'intégration, nombre d'associations se sont élevées contre l'apprentissage du français. Lorsque nous avons évoqué la possibilité de rendre obligatoire l'apprentissage linguistique (300 heures par an), nous avons été considérées comme des réactionnaires portant atteinte aux libertés individuelles ! (…) Ne pensez donc pas que l'apprentissage du français soit acquis. »

L’évaluation en français langue étrangère étant une mission donnée au Centre international d’études pédagogiques (CIEP), par son Ministère de tutelle, le Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, c’est donc le CIEP qui a été officiellement chargé de la création du diplôme. Grâce à son expertise, le CIEP a pu élaborer une certification fiable et calibrée (chaque item est prétesté, les réponses analysées, les items conservés sont alors calibrés grâce à une procédure statistique réalisée par des psychométriciens). Le CIEP assure la gestion pédagogique et administrative du DILF.

 

Une des spécificités de cette nouvelle certification est d’accorder un coefficient différent pour la partie orale et pour la partie écrite. La position affichée du Gouvernement, en adéquation avec les approches didactiques de la perspective actionnelle, est de privilégier la communication et donc l’oral. Pour cette raison, la partie concernant l’évaluation des compétences orales a un coefficient plus élevé que la partie évaluant les compétences écrites.

Un des objectifs du DILF est de valoriser les compétences acquises, ce qui est censé motiver grandement la poursuite de l’apprentissage de la langue.

Toutes les épreuves du DILF ont été conçues dans la perspective actionnelle du Cadre européen commun de référence pour les langues, qui définit les utilisateurs d’une langue comme des acteurs sociaux ayant à accomplir des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans des circonstances et dans un environnement donnés, à l’intérieur d’un domaine d’action particulier, personnel, public, éducationnel ou professionnel. Chaque activité propose une situation réelle de communication basée sur l’un des 4 domaines d’action définis dans le Cadre. Le DILF évalue les 4 compétences langagières : la réception orale (au travers de 4 activités), la réception écrite (au travers de 5 activités), la production orale (au travers de 5 activités) et la production écrite (au travers de 4 activités).

En dehors du cadre du contrat d’accueil et d’intégration, ce diplôme est proposé à tous les publics relevant de ce niveau initial : des adultes grands débutants en français langue étrangère, nouveaux arrivants en France, peu ou pas scolarisés dans leurs pays, souvent non lecteurs, non scripteurs ; public FLE « classique » grand débutant qui ne peuvent atteindre qu’un niveau minimal de compétence en français après une période d’apprentissage donnée. L’âge minimum pour passer le DILF est fixé à 16 ans.

Le DILF s’inscrit naturellement dans la lignée des diplômes de langue française pour non francophones. Il constitue ainsi une première étape vers le DELF (diplôme d’étude en langue française) et le DALF (diplôme approfondi de langue française).

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