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VOYAGE d'ETUDE de l'UNEF : les CEF à Rabat et Alger

Par FLE Attaque :: 04/09/2007 à 18:06 :: Les décideurs et les institutions du champ du FLE

L’UNEF a organisé du 21 au 28 Juillet 2007 un voyage d’étude à Rabat et Alger. L’objectif de ce voyage était d’étudier les modalités d’accès des étudiants étrangers à l’espace d’Enseignement Supérieur Français.
Le voyage s'est concentré principalement sur l’observation des nouvelles agences Campus France, anciennement dénommées CEF (centres pour les études en France) qui constitue désormais l’interface entre les étudiants désireux de poursuivre leurs études en France et l’administration française.

Depuis plusieurs mois, l’évolution des procédures d’accueil des étudiants et de délivrance de visa pour les étrangers désireux d’étudier en France prend une tournure inquiétante. En effet, il semble évident qu’une coopération universitaire internationale accrue, passant par l’augmentation substantielle d’étudiants en mobilité, doit jouer un rôle moteur dans l’évolution des universités françaises dans les prochaines années. Mais pour de nombreux observateurs, la France semble privilégier une logique de gestion des flux migratoires au détriment du développement et de l’attractivité de ses universités et de ses écoles. Ainsi en mars dernier le sénateur Gouteyron s’inquiétait de la lourdeur et des dysfonctionnements des procédures mises en place qui détournaient de nombreux étudiants vers d’autres destinations universitaires.
Attachée au développement d’une ouverture internationale de l’espace européen d’enseignement supérieur, l’UNEF va effectuer un travail d’expertise sur l’évolution de la procédure d’accueil des étudiants de nationalité étrangère, notamment à travers la généralisation des agences Campus France. Le choix des agences Campus France de Rabat et d’Alger s’explique par le nombre important d’étudiants algériens et marocains en France. De plus ces 2 agences, mises en place depuis plusieurs années, sont certainement celles ayant accumulée une longue expérience, et où l’évolution de la procédure est la plus sensible.


Vendredi 27 juillet 2007
La procédure CEF vue du Maghreb
Depuis la mise en place des CEF en 2005, la procédure d’élaboration de dossier dans les centres d’études en France est devenue un passage obligé pour tous les étudiants candidats à des études en France.

Ce matin lors de la visite du CEF à Alger, nous avons retrouvé cette scène si familière dans les locaux de l’UNEF de nombreux étudiants attendant une aide et une information pour pouvoir aller étudier dans une université Française.

Situé dans le centre d’Alger ils étaient plusieurs centaines ce matin a attendre d’être reçu pour déposer un dossier pédagogique ou une demande de visa par l’un des 10 conseillers recruté et formé par le CEF pour faire passer les entretiens.

Ces conseillers, tous algériens sont des universitaires et des psychologues, formés pour accueillir et orienter les étudiants. Chaque matin, à 9h, les dossiers des 6 étudiants qu’ils vont recevoir dans la matinée leurs sont remis. Ils ont une heure pour les étudier avant de passer une demi-heure avec chaque étudiant. Comme dans l’ensemble des CEF, c’est au terme de cet entretien qu’est donné l’avis, déterminant dans le cadre de l’examen consulaire. Comme au Maroc, cet avis confidentiel n’est pas communiqué à l’étudiant, pour garantir la sécurité des personnes qui font passer cet entretien.

En tout, ce sont 120 rendez-vous qui vont avoir lieu dans la journée.


Le CEF d’Alger a cette particularité d’être situé au sein du Centre Culturel Français. Il s’inscrit donc de manière autonome dans le cadre d’une politique de coopération Franco-Algérienne plus globale. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de ce lien entre CEF et CCF, il semble tout de même que cette proximité géographique et politique contribue à favoriser la dimension pédagogique et universitaire du rôle du CEF.

Pour exemple, le CCF bénéficie d’une vaste médiathèque regroupant des ouvrages scientifiques. La médiathèque compte 45 000 ouvrages. Ce chiffre peut sembler faible, mais il doit être rapporté au nombre d’ouvrages détenu par l’Université d’Alger… 100 000.


Après deux ans de mise en place du CEF, plusieurs types de problème demeurent que nous pouvons identifier comme suit :

- En premier lieu, il semble clair que la répartition des rôles entre le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’enseignement supérieur reste mal définie et entraine une hétérogénéité très forte dans le travail des différents CEF, ainsi que dans la définition des responsabilités. En réalité en à Alger comme à Rabat le ministère de l’enseignement supérieur n’intervient ni sur l’organisation ni sur les orientations des CEF laissés au soin des seules ambassades. De ce point de vue, la mise en place de l’agence campus France ne semble pas encore permettre de fluidifié le rôle des CEF et des services de coopération.

- Le deuxième problème que nous pouvons clairement identifier concerne la responsabilité des universités françaises. Le manque de réactivité de certaines universités françaises et les problèmes de communication CEF / Universités créent des situations difficiles pour les étudiants candidats au départ. Le traitement tardif des dossiers conduit des étudiants à être bloqués dans leur démarche de validation de leur dossier par les CEF et dans leur demande administrative de Visa. La conséquence directe est de voir des étudiants ne pas pouvoir obtenir leur visa avant la rentrée universitaire.


Si le CEF d’Alger semble mener une politique volontaire et de qualité pour aider les étudiants à constituer leur dossier de départ, il n’en reste pas moins qu’un long entretien avec le conseiller de l’ambassadeur chargé des questions de coopération culturelle n’a pas levé nos inquiétudes sur le risque que les CEF deviennent des outils derrière lesquels se cache le gouvernement français pour appliquer un durcissement de la politique migratoire qui toucherait de manière claire les étudiants.


http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=73541&var_recherche=unef


30 juillet 2007

Délivrance de visas d’études pour les étrangers
L’UNEF critique la loi Sarkozy sur l’immigration « choisie »
L’Union nationale des étudiants français (UNEF) a soulevé, hier à Alger, beaucoup d’incohérences dans les nouvelles agences Campus France.

Lesquelles agences, anciennement dénommées CEF, servent d’interface entre les étudiants désireux de poursuivre leurs études en France et l’administration française. En visite cette semaine à Alger, Benjamin Vetelé, vice-président de ce syndicat, parlait, hier lors d’une conférence de presse animée à la Maison de la presse, de « lourdeur et de dysfonctionnement » dans les procédures mises en place. « Les nouvelles procédures sont extrêmement longues et très lourdes, ce qui explique la baisse d’attribution de visas pour les étudiants algériens », selon le conférencier. En plus de la complexité du dossier à remplir, M. Vetelé considère aussi que les frais d’étude de visas sont relativement chers en prenant l’exemple du test de langue qui est évalué à 4500 DA. Ce qui constitue, à ses yeux, « un frein » par rapport au dépôt de demande de visas. M. Vetelé insiste sur le fait que l’évolution des procédures d’accueil des étudiants et de délivrance de visas pour les étrangers désireux d’étudier en France inquiète. « Les conditions d’accueil des étudiants algériens se sont nettement dégradées et le taux d’échec pour les étudiants étrangers est très élevé », a-t-il regretté.

Un problème de « transparence »


Se fiant à des observateurs français, l’orateur estimera que la France semble privilégier une logique de gestion des flux migratoires au détriment du développement et de l’attractivité de ses universités et de ses écoles. M. Vetelé évoque aussi un problème de « transparence » et « d’information » dans l’attribution des visas. Pourtant, selon lui, « la France a un énorme besoin en étudiants algériens ». Ils sont actuellement 24 500 étudiants algériens en France dont 30% ont un statut de résident. Mais, selon l’orateur, beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions précaires du fait qu’ils n’ont pas accès à la bourse. M. Vetelé critique, par ailleurs, la loi Sarkozy sur l’immigration choisie. Pour lui, cette loi limite les possibilités de recours pour les étudiants désireux d’avoir un visa d’études. M. Vetelé s’est réjoui, par ailleurs, des engagements de M. Sarkozy, président français, sur la question de l’activité salariée des étudiants étrangers ainsi que la promesse de la création effective d’une carte de séjour pluriannuelle pour les étudiants visant le grade de master. Les décrets d’application concernant l’activité salariée permettent aux étudiants étrangers de travailler 21h, au lieu de 17h, sans autorisation de travail particulière. La délégation de l’UNEF a séjourné depuis le 21 juillet à Rabat et Alger pour étudier les modalités d’accès des étudiants étrangers à l’espace d’enseignement supérieur français. L’UNEF inscrit ce voyage dans un processus global de mise en lumière de la situation universitaire, administrative et sociale des étudiants en mobilité en France. Le vice-président de ce syndicat compte d’ailleurs dès son retour établir une expertise sur l’évolution de la procédure d’accueil des étudiants de nationalité algérienne et marocaine.

Rabah Beldjenna



A noter : le guide des étudiants étrangers de l'Unef vous apportent de nombreuses informations très utiles :

http://www.unef.fr/delia-CMS/index/topic_id-27,30,/

 

Billet publié sur le site du collectif Fle-Fls

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