FLE Attaque
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L'évaluation du niveau de français au coeur du texte de loi - Le monde 20/09/07Par FLE Attaque :: 20/09/2007 à 10:34 :: Zoom sur les medias Quesaco le FLE
"La polémique suscitée par l'amendement ADN masquerait presque "la" mesure phare du projet de loi dont les députés ont débuté l'examen, mardi 18 septembre. Ce texte prévoit de soumettre, dans leur pays d'origine, les candidats au regroupement familial et les conjoints de Français, à une "évaluation de la connaissance de la langue et des valeurs de la République". Aussi, "si le besoin en est établi, l'autorité administrative compétente (organisera) à l'attention de l'intéressé une formation d'une durée maximale de deux mois".
Promesse du président de la République, cette disposition, pour le ministre de l'immigration Brice Hortefeux, n'est autre qu'une mesure d'intégration de bon sens. "La langue est le meilleur vecteur d'intégration, n'a-t-il de cesse de plaider. Imposer aux candidats à l'immigration familiale d'apprendre notre langue, c'est à la fois combattre le communautarisme et récompenser les efforts des étrangers qui souhaitent vraiment s'intégrer." Si nul ne dément que la langue soit un vecteur essentiel d'intégration, associations d'aide aux immigrés comme acteurs de la formation doutent de la faisabilité d'une telle mesure et de la finalité réelle poursuivie par le gouvernement. Beaucoup s'interrogent sur ses modalités pratiques d'application, d'autant que les réseaux diplomatiques souffrent déjà d'une pénurie de moyens et d'effectifs.
L'organisation de l'évaluation et de la formation reposera en fait sur l'Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (Anaem) qui, sur place, se chargera de contracter avec des prestataires publics ou privés. "Le test et la formation ne seront pas directement payés par l'étranger en bénéficiant. Ni par les contribuables", a indiqué le ministre, mardi à l'Assemblée nationale. Il a ajouté, cependant, que le gouvernement entendait augmenter les droits de timbres perçus sur les titres de séjour et les visas. Une précision qui ne rassurera pas les associations, qui jugent déjà les coûts des visas prohibitifs.
Le coût mais aussi la distance entre le lieu de résidence des candidats à l'immigration familiale et le consulat font craindre aux associations que la mesure n'ait des effets discriminatoires et ne finisse par constituer un obstacle à l'exercice du droit à vivre en famille.
"L'intégration ne doit pas devenir une condition d'accès au droit de mener une vie familiale normale", s'alarme Pierre Henry de France terre d'asile. "Le contrat d'accueil et d'intégration (CAI) auquel est soumis tout nouvel arrivant à son arrivée en France prévoit déjà une formation linguistique et aux valeurs de la République", relève-t-il.
Les acteurs de la formation craignent en outre que l'essentiel des crédits consacrés par l'Etat à l'apprentissage du français ne soient désormais transférés vers l'étranger, au détriment des immigrés résidant déjà en France. "Le vrai besoin est pourtant là. D'autant qu'il est plus efficace, et plus facile pour l'étranger d'apprendre le français ici, par immersion", relève Kamel Jendoubi, directeur de l'Association pour l'enseignement et la formation des travailleurs immigrés (Aefti). Il s'inquiète : "La langue devient un outil de gestion des flux migratoires, un instrument de contrôle et de sélection."
Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans Le Monde du 20.09.07. Trackbacks
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Commentaires Le 20/09/2007 à 11:31, par dodiedooo
Plan de valorisation et de reconnaissance de "ceux-qui-travaillent-et-veulent-s'intégrer":
1) La formation linguistique ne sera pas payée "directement" par l'étranger en bénéficiant, mais le prix du visa augmentera. 2) Si la personne ne vit pas dans une grande ville proposant des cours de français, elle devra aussi payer les frais d'hébergement pour toute la durée de la formation. 3) Les règles du regroupement familial exigent déjà que les travailleurs migrants aient un revenu d'activité suffisant pour subvenir aux besoins de ceux qu'ils font venir en France (un revenu, pas une allocation...). Dorénavant, il faudra gagner davantage. Conclusion: Maintenant, pour les travailleurs migrants, ce sera "travailler plus pour dépenser plus"! Sous vos applaudissements.... Le 20/09/2007 à 18:57, par Sienna
Qui fera la formation linguistique? Quels formateurs? Quels organismes de formation? Il y aurait un appel d'offre mais où? Au niveau local?
Les organismes de formation français ont de quoi s'inquiéter! S'ils devaient perdre leurs marchés français, ils devront licencier en masse les formateurs fle et alpha...Et puis si on s'inquiète de l'intégration pourquoi ne rien faire en formation linguistique pour les millions de personnes déjà sur notre territoire et qui ont des besoins linguistiques???? Le 21/09/2007 à 9:32, par dodiedooo
ça fera faire des économies, je suppose. tout à fait dans la lignée de la certification fle au lieu d'un CAPES: surtout, ne rien entreprendre quoi que ce soit d'un peu structuré, d'envergure et surtout de long terme pour des gens qui, après tout, ne sont qu'une force de travail tolérée...
d'où un questionnement urgent sur le sens exact du mot "intégration" employé dans ce cadre... quant à "licencier des profs de fle"... pas besoin, il suffit de ne pas renouveler leurs CDD ou CDD d'usage! c'est quand-même fait pour! intéressant de mettre tout ça en parallèle avec les propos tenus par B. Hortefeux durant sa visite à l'AEFTI... (catégoorie "zoom sur les médias") http://metiersdufle.zeblog.com/224744-brice-hortefeux-devant-deux-classes-d-39-apprentissage-de-la-langue-francaise/ Le 09/10/2007 à 20:17, par MPF
Je suis tout à fait d'accord avec vos remarques.
Effectivement, en France dans les centres de formation, il suffira de ne pas renouveller les CDD des formateurs... A l'étranger, par contre, il ne s'agit que de dissuader un peu plus ceux qui ont les moyens de faire une demande de visa de ne pas la faire en posant des contraintes supplémentaires. J'ai effectué un VI dans un pays très pauvre et francophone de l'Océan Indien, la somme à fournir pour pouvoir déposer une demande de visa (sans garantie d'acceptation de la demande et sans possibilité de remboursement de la somme en cas de refus) représentait 2 mois de SMIC... Par ailleurs, il se trouve que la France possède un réseau unique au monde pour faire apprendre sa langue et qui lui coûte très cher: les alliances françaises et les centre culturels français. Bien entendu, comme cela a été dit cela ne concerne pas les populations rurales qui verront leurs difficultés démultipliées pour acceder au précieux visa. Je crois sincèrement que la France préférera utiliser ce réseau dans les pays les plus pauvres (car c'est bien l'immigration des pauvres qui pose problème, non?) car cela présente plusieurs avantages: maintenir des postes d'expatriés (et donc un certain "contrôle) en tant que directeurs de ces structures de droit local, valoriser l'expertise acquise par ce réseau et lui amener de la "clientèle" (car comme cela a également été noté les moyens manquent et la France ne peut plus financer les alliances comme elle le faisait auparavant) contribuant ainsi à la vitalité et au rayonnement de ce réseau. Ainsi, l'argent collecté par l'augmentation des prix des visas bénéficierait indirectement au rayonnement culturel de la France et de la Francophonie sans faciliter l'accès au visas pour les étrangers (en tout cas les pauvres, les peu qualifiés, etc.) si toutefois la formation n'est pas à la charge du candidat au départ comme cela est annoncé. La France consent justement de gros (et ultimes?) efforts pour former efficacement les enseignants locaux qui oeuvrent dans ce réseau (eux aussi dans des conditions précaires cela va sans dire, car le statut de vacataire est très avantageux pour ces structures) au nouvelles technologies et méthodologies à l'oeuvre dans notre domaine (cf. le discours de S. Lovy en janvier dernier au salon expolangues). De là à dire que nous n'aurons plus de travail ni en France ni à l'étranger... Dommage pour ceux qui ne veulent pas accepter les "stages" indignes, pour ceux qui sont trop vieux pour le VI, qui ne sont pas fonctionnaires, qui n'ont pas le réseau relationnel pour prétendre à un poste d'expatrié... Ajouter un commentaire |
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