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LE CAI SUR RFI

Par FLE Attaque :: 03/10/2007 à 13:26 :: Zoom sur les medias Quesaco le FLE

Edouard Zambeaux a consacré son émission "Microscopie" du 29 septembre 2007 au CAI : reportages à l'ANAEM et dans un centre de formation, interviews d'étrangers participant à la formation.

Voici le lien pour écouter l'émission et surtout vous pouvez réagir en adressant un mail à E. Zambeaux :

 

http://www.rfi.fr/radiofr/editions/082/edition_82_20070929.asp

 

microscopie@rfi.fr

 

Adressez-nous aussi vos commentaires sur l'émission, surtout si vous travaillez dans les dispositifs concernés.

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Commentaires

Le 09/10/2007 à 19:34, par MPF
Magnifique le CAI, merveilleux le droit à la langue... mais en y regardant de plus près on se pose quand même des questions.
Il y a quelques semaines, alors que je faisais des recherches pour trouver un stage de Master 2, je me suis intéressée à l'ANAEM puisque le CAI englobe une part importante des politiques linguistiques actuelles de la France.
N'ayant jamais travaillé avec des publics migrants, je souhaitais m'informer bien sûr, mais mon compagnon étant formateur fle auprès de ces publics je voulais aussi obtenir des réponses à des questions précises.
En réalité, mes interrogations de départ étaient simples:
-Qui évalue les futurs apprenants signataires du CAI avant de leur attribuer un quota d'heures de formation en français? Autrement dit, qui décide qu'untel doit ou pas suivre une formation en langue française? Et qui décide de la durée de cette formation?
-Comment sont formés les groupes? Là, je dois dire que cette question m'était venue suite à des conversations entendues entre formateurs s'occupant de publics migrants et se plaignant du fait que des personnes aux niveaux de français, de scolarisation voire d'alphabétisation très hétérogènes se retrouvent dans le même cours sans que personne ne puisse expliquer pourquoi.
-Pourquoi ne voit on pas une forme de contrôle qualité des formations, et des conditions de formation prévue par l'ANAEM? (il me semble, mais je peux me tromper, que le climat de concurrence généralisée liée à l'obtention des marchés et des subventions pousse les centres de formations à accueillir des formations dans des conditions pas toujours très bonnes...et avec les formateurs comme variables d'ajustement bien souvent)
Bref, pourquoi un tel manque de transparence et pourquoi si peu de spécialistes de l'enseignement du français aux étrangers dans une structure qui devrait être interressée par nos profils et devrait nous permettre quelques débouchés professionnels stables (mais ne rêvons pas) bien que les orientations de l'ANAEM soient parfois idéologiquement discuttables à mes yeux?
Un bel après-midi du mois d'août, après une consultation méticuleuse du site de l'ANAEM qui ne répondait à aucune de ces questions, me voici donc partie à la recherche d'information sur le terrain. D'abord au point d'accueil de l'ANAEM pour les étrangers à Bastille. Lorsque je demande qui évalue les signataires du CAI en vue d'une formation en langue française, on me répond que c'est le DILF. Lorsque j'explique que le DILF est l'objectif de la formation et non son point de départ et que c'est justement sur ce point de départ que je souhaite des renseignements, on me propose d'assister à un entretien sous réserve de faire une demande. A ce moment, bien qu'ayant décliné la proposition, j'ai bien l'impression d'avoir entrevu une réponse à ma question, évidemment peu satisfaisante à mes yeux. En effet, si le personnel qui réalise les entretiens avec les migrants est sûrement très compétant dans son domaine (social, droit international, etc.), comment peut-on lui demander de s'improviser professionnel du FLE ou de l'alphabétisation? Tandis que la personne qui m'accueille va "se renseigner" pour tenter de répondre à ma question, je patiente et crois comprendre que je ne me suis pas trompée en écoutant les conversations des étrangers présents dans la salle. Finalement, pour toute réponse, on m'oriente très gentiment vers le siège de l'ANEM où je décide de me rendre dans la foulée.
Au siège de l'ANAEM, je suis reçue dans le hall d'entrée de l'immeuble, mais tout de même très cordialement par une dame qui me répond encore que c'est le DILF qui évalue les futurs stagiaires avant leur entrée en formation. Après avoir réexpliqué la nature de ma question, la personne me donne le numéro d'une de ses collègue qui sera présente le lendemain et qui pourra certainement me répondre, etc. Bien entendu, j'ai relancé sans fin les services de l'ANAEM dans les jours qui ont suivi sans jamais obtenir de réponse...
Je suis pourtant sûre que je ne suis pas la seule à me poser ces questions qui me semblent simples. Confrères enseignants et responsables de formation, une évaluation avant de commencer une formation ne vous parait-elle pas nécessaire? N'est-ce pas gâcher l'argent public et compliquer le travail des formateurs que leur fournir des groupes si mal constitués ? N'est-ce pas finalement au détriment des stagiaires, déjà socialement fragilisés dans de nombreux cas, que cette situation perdure?
Sincèrement, vos témoignages, infos ou avis sur la question m'intéressent.

J'ai encore de nombreuses questions dans mon chapeau à propos du DILF justement. On sait que le DILF peut être atteint en 40h par quelqu'un qui a été normalement scolarisé et dont la langue est par exemple l'espagnol. Bien sûr, il faudra bien plus de temps à un analphabète chinois pour parvenir au but. Mais justement, une meilleure organisation des formations ne serait-elle pas souhaitable et plus rentable. Pour le payeur (la France), celui qui obtient le marché et le met en oeuvre (le centre de formation) et au bout de la chaîne le formateur et ses apprenants, n'y a t'il pas tout à gagner pour tous en répartissant mieux ses nombreuses heures de formation?

Parfois (pardon je vois le mal partout) je me demande si finalement, en dépensant beaucoup d'argent pour donner un diplôme de français au rabais (à vos CECR! je trouve personnellement que le niveau A.1.1 est stigmatisant pour les étrangers avec qui on ne devrait pas faire du nivellement par le bas, quand on sait que le niveau A1 est le niveau de survie et qu'il constitue lui un vrai diplôme du DELF et pas un diplôme spécial immigré...) on cherche vraiment à former des citoyens français responsables et autonomes. Et là, je ne peux pas m'empêcher de repenser à mon vieux manuel de sociolinguistique où au chapitre pidgin, sabir et créolisation on lit que dans les colonies du nouveau monde les maîtres ne voulaient pas forcémént transmettre leur langue aux esclaves, mais simplement que ces derniers puissent comprendre les ordres et y répondre de la bonne façon. N'oublions pas que la langue est un instrument de pouvoir et donc de domination (mais je vois le mal partout), relisons Pierre Bourdieu.
Mais je suis très bavarde alors je m'arrête là pour aujourd'hui mais je suis très curieuse d'avoir vos avis là dessus.
A bientôt
Le 11/10/2007 à 8:44, par gouttière
Tout à fait d'accord avec toi. Tout ce que tu évoques sont des préoccupations de fle attaque. C'est pourquoi nous avons proposé d'envoyer des mails à E. Zambeaux.
Merci pour ce témoignage
Le 12/10/2007 à 17:55, par dodiedooo
En effet, les infos sur le site de l'ANAEM ne nous aident pas beaucoup.
A un moment, c'est l'IPTR (pour Paris) qui évaluait les primo-arrivants de 16 à 25 ans pour définir leurs besoins de formation linguistique puis les réévaluait à l'issue de la période de formation pour permettre d'envisager leur orientation par la suite (plates-formes linguistiques / de mobilisation etc.)
Les stagiaires étaient orientés par les missions locales ou l'ANPE ou réorientés par le CASNAV (les plus de 16 ans ne pouvant intégrer l'EN)
Depuis l'avènement de l'ANAEM, ACSE etc., tout cela a évolué. Il semble que l'ANAEM centralise tout et fait l'évaluation mais d'où sort cette évaluation, comme tu dis, mystère et boule de gomme! Apparemment, c'est le ministère Hortefeux qui décide et formalise tout ça, mais il n'y a rien sur leur site pour le moment.
En attendant, l'IPTR et les missions locales pourraient peut-être te renseigner.

Quant à la formation au rabais des étrangers, je suis tout à fait d'accord avec toi. On est encore dans une immigration de travail à la tradi et on forme les gens seulement en fonction des besoins dans certains bassins d'emploi où il y a des manques de main-d'oeuvre (évidemment, ce ne sont pas les métiers les plus qualifiés...). Et cela concerne également les enfants d'immigrés qui viennent rejoindre leurs parents qui travaillent ici depuis 10, 15, 20 ans....
Après, sur le niveau linguistique requis, on peut discuter longtemps, c'est vrai que le niveau DILF est dérisoire pour une personne qui arrive avec un niveau FLE. Mais pour les analphabètes, c'est déjà un énorme travail et monter la barre risque de leur fermer la porte...

A suivre...
Le 18/10/2007 à 8:57, par cloclo
il y a des formateurs qui sont détachés de certains centres de formation pour effectuer ces évaluations. Dans un centre où j'ai travaillé l'année dernière, la directrice a répondu à un appel d'offre pour être centre d'examen pour l'ANAEM. Donc certains formateurs ont par la suite été détachés à l'ANAEM chacun deux demi-journées par semaine pour effectuer les éval avant la formation en français, et les éval à l'issue de la formation. Mais quand il faut évaluer environ une vingtaine de personnes par jour, je pense que vous pouvez imaginer la qualité et la pertinence de ces évaluations.
Le 20/10/2007 à 19:52, par PAGANPOETRY59
Je lis avec beaucoup d'attention tous ces commentaires ; je travaille justement pour l'ANAEM, organisme de formation : qui est chargé d'évaluer le niveau des usagers entrant en France, l'ANAEM doit choisir depuis 2007 des Organismes de formation (ce n'est plus le FASILD, qui est devenu l'l'ACSE, qui pilote ses propres formations) pour d'une part évaluer le niveau donc et faire passer le DILF et également des Organismes différents pour le déroulement de la formation : pour mon département : impossible de voir des amitiés qui se traduiraient par des prescriptions abusives qui alimenteraient les centres de formation ; impossible de faire entrer une personne qui a le niveau A1.1 en formation ; l'assiduité des stagiaires est surveillée, d'ailleurs les Organismes de formation devront dans un avenir proche saisir les heures consommées mensuellement. Quant à la formation des évaluateurs de niveau (les prescripteurs) ils doivent avoir une expérience de 3 ans minimum en FLE et/ou la maîtrise FLE, idem pour les formateurs ; pour notre département par exemple : 2 maîtrises FLE, une doctorante, et moi qui ai 6 ans d'expérience en FLE à Lille III ; voilà pour l'organisation ; je ne suis ni pour, ni contre, je tente de vous expliquer le dispositif ; j'ai mon avis bien sûr, inutile de l'exposer car il faut pour le comprendre que vous connaissiez le public que nous recevons (10% de vrai FLE en formation) leurs préoccupations, leurs obligations ; ce que je peux dire, c'est que le B1 sera impossible, A2 extrêmement difficile, nous ne sommes pas au Canada, nous n'accueillons pas les mêmes populations, le DILF, pas cher, c'est vrai, mais ne correspond-il pas au public ? n'est-ce pas un niveau réaliste...
Le 20/10/2007 à 20:02, par PAGANPOETRY59
Aussi, en réponse à Cloclo, nous n'évaluons pas tout le monde !!! heureusement !!! mais uniquement les personnes qui semblent avoir des difficultés à l'oral, qui ne communiquent pas ou peu, soit 2 à 4 grand maximum par 1/2 journée.
Aussi, la personne se voit prescrire de 100 à 400H pour atteindre le niveau DILF.
J'ai cru lire CASNAV, je pensais ce bras armé de l'éducation nationale fini ; le casnv est un désatre pour les CLA (CLAD), cet organisme prône la fin des sections adaptées pour une immersion totale, une économie complète, une collègue et amie s'est abttue 15 ans, elle baisse les bras, dernière demande du CASNAV: fiche administrative des primos à renseigner par le prof de FLE : famille, statut des parents, frères et soeurs....A quand le stage préfecture en maîtrise FLE ?
Le 17/07/2008 à 19:53, par fleenligne
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