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Triste début d’année : le préfet du Rhône enfonce le clou du mépris

Par FLE Attaque :: 10/01/2008 à 8:29 :: Les actions du collectif FLE Attaque

Immigration et apprentissage du français : le préfet du Rhône veut ajouter au DILF une formation au vocabulaire des métiers

Le 20 décembre 2007, le préfet du Rhône, Jacques Gérault,  a présenté un bilan d’étape du plan d'apprentissage du français pour les étrangers en situation régulière, lancé en septembre dernier dans le Rhône (cf articles précédents : pourquoi faire simple / lettres au préfet et ses réponses) : "Après le DILF (diplôme initial de langue française), il faudra élargir le dispositif d'apprentissage du français au vocabulaire professionnel car beaucoup de personnes étrangères en situation régulière travaillent et ont besoin d'apprendre les termes techniques des métiers comme ceux du BTP, de l'hôtellerie ou de la restauration".

Les volontaires
Les volontaires de la "réserve citoyenne" - 36 retraités de l'Éducation nationale, 34 agents de la préfecture et 23 bénévoles formés pour enseigner  le français - assureront à partir de janvier 2008 des ateliers sociolinguistiques accompagnant au DILF, organisés dans des centres sociaux et des associations sur tout le département.
Ils ont suivi la formation de formateur de 38 heures mise en place par le centre ressources "Savoirs et compétences Rhône" et à laquelle participent des intervenants du Cafoc et du cursus DIFLES de Lyon 2. Jean-Marie Besse, directeur de ce DU (diplôme universitaire), spécialiste de la problématique de l'illettrisme, et membre du groupe de travail indique que "38 heures de formation à l'apprentissage du français sont suffisantes dans ce cadre. Il ne s'agit pas d'une formation professionnelle. C'est une base pour commencer à travailler sérieusement. Des formations plus complètes existent pour les volontaires qui veulent approfondir".

"L'approche est nouvelle, ajoute Jean-Marie Besse, car le DILF porte essentiellement sur la langue orale, il ne s'agit pas d'une langue académique mais de celle qui permet de communiquer sur le lieu de travail ou dans les rapports sociaux. Nous sommes en train de créer de nouveaux outils, notamment un qui permet de repérer le niveau des personnes bénéficiaires afin d'adapter celui de la formation délivrée."

La phase d’évaluation du dispositif aura lieu au printemps 2008. M. Besse y sera « attentif ».Il juge qu' "actuellement les conditions semblent réunies pour avancer vers un projet qui soit généralisable".

Le préfet se justifie
"On me reproche d'enlever du travail à des organismes officiels de formation, annonce le préfet Jacques Gérault. Je tiens pleinement à l'assumer. Cette action, qui engage au plus profond de nos principes républicains, ne doit pas être le monopole de qui que ce soit. Lorsque des fonctionnaires à la retraite ou sur des heures supplémentaires participent à cette opération, ce ne sont pas seulement des cours de français qui sont en jeu. Cela ne se limite pas à l'apprentissage technique de la langue, des liens vont se créer et des discussions se nouer sur la vie quotidienne ou encore les questions d'emploi. Il est fondamental de multiplier les passerelles avec les personnes étrangères en situation régulière qui demandent à s'insérer dans le tissu social".

Financements
Le CIEP (Centre international d'études pédagogique) a pour l’instant habilité trois centres d'examens pour délivrer le DILF: Alpes à Lyon, Cefi à Bron et le Greta Ampère à Villeurbanne. L'Acsé (Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances) passera un marché public pour le passage du DILF pour 2008. Les centres d'examen devront être habilités par le CIEP.
Les associations et centres sociaux qui présentent les stagiaires recevront, après signature d'une convention avec l'État et l'Acsé, une somme forfaitaire de 150 euros par personne présentée au DILF. L'État assurera également la formation des bénévoles de ces structures si ces dernières le souhaitent, prendra à sa charge les frais d'inscription au DILF des stagiaires et participera à l'acquisition des outils pédagogiques par des subventions. Deux délégations de la Croix rouge - Rhône et Villefranche-sur-Saône - ont signé jeudi 20 décembre 2007 les premières conventions régissant le cadre de leur participation au plan.

Ce sont les associations et centres sociaux qui accueilleront, emploieront et paieront - à hauteur de 25 euros de l'heure les volontaires. Le centre "Ressources Rhône", qui forme les volontaires, orientera à partir de début janvier 2008 ces derniers sur les associations et centres sociaux qui n'auraient pas un nombre suffisant de bénévoles. Aucun contrat ne lie les volontaires à la préfecture. Si la rémunération est déjà en place pour les fonctionnaires participant au plan d'apprentissage, les modalités de dédommagement des bénévoles - volontaires non fonctionnaires – ne sont pas fixées.

Des stages d'accompagnement au DILF pourraient être prochainement organisés dans des centres d'hébergement et de réinsertion sociale.

Le CAI
"Je veux que les deux conjoints signent le CAI (contrat d'accueil et d'intégration), indique par ailleurs le préfet Jacques Gérault, car si les femmes ne le signent pas, elles ne connaîtront jamais les chances qui leur sont offertes d'apprendre le Français. Il ne s'agit pas de créer une contrainte, mais d'ouvrir un droit". La version expérimentale du CAI pour le département du Rhône indique désormais à l'article 2 que "le conjoint du signataire du contrat s'engage à soutenir la formation linguistique prescrite au CAI afin de favoriser l'insertion sociale et professionnelle de ces deux derniers" et les deux signatures doivent être apposées sur le document.

Le DILF a été délivré, dans le Rhône, à 286 personnes depuis octobre 2007, 155 signataires de CAI et 131 hors CAI. Le préfet indique avoir "demandé aux sept autres départements de la région Rhône-Alpes de lancer la même opération en 2008"
 
Contact: Préfecture du Rhône, Aurélie Bellemin, chef du bureau de la communication interministérielle, 04 72 61 65 27, communication@rhone.pref.gouv.fr

Egalement en ligne
La pétition contre le plan CLEF

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Commentaires

Le 13/01/2008 à 8:06, par William
Suis-je surpris? Même pas...
Quant aux formateurs de formateurs (Cafoc et Difles), je pense à une citation d'Audiard sur les personnes qui osent tout.
Le 15/01/2008 à 8:04, par vakater
Pour vous laver les cheveux dans un salon de coiffure, il faut une formation et un diplôme spécifiques mais pas pour enseigner les langues.
Cela ne vaut pas que pour le FLE, les enseignants de langue dans les écoles primaires ne sont pas non plus recrutés sur la base de leur qualification. ils sont des native speakers. c'est tout. Tout cela parce qu'on ne veut pas donner de contrat dans la fonction publique. Donc pas de professionnalisation de ce secteur et donc, nul... Amicalement vôtre Vakater
Le 15/01/2008 à 10:52, par Laeti
Bonjour Vakater

Entièrement d'accord avec toi. C'est toute la profession des enseignants de langues vivantes qu'il faut défendre. L'apprentissage des langues étrangères en France restera au niveau déplorable où elle est tant que les formations ne seront pas adéquates !

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