FLE Attaque
BlogCatégoriesDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
Intervention de FLE attaque à Expolangues 06/02/2008Par FLE Attaque :: 08/02/2008 à 11:31 :: Les actions du collectif FLE Attaque
Mercredi 2 février, à 18h, une table ronde était organisée à Expolangues, salle Huanhuan. Son titre "La professionnalisation de l'enseignement du français aux migrants : moyens, pratiques, objectifs" nous avait alléchés... nous y sommes allés.
Les participants étaient à peu près ceux annoncés au programme : Mariela de Ferrari (CLP) ; Kamel Benamra remplaçant Sylvie Roger (Acsé); Gilbert Lhote (Anaem) ; Jean Grigorieff (Mairie de Paris). Les débats étaient animés par François Pradal (Le français dans le monde).
Par contre, le programme était un peu différent de celui annoncé. Plutôt que de "professionnalisation", c'est d''institutionnalisation" qu'il a été question et les participants ont présenté leurs publics et leurs programmes pédagogiques... pas un mot sur les moyens !
Comme la tradition semble le vouloir, est venu le moment de donner 7,5 minutes à l'assistance pour poser des questions. Un membre de FLE attaque s'est alors levé et a posé la même sempiternelle question : les conditions de travail des formateurs se sont dégradées. Pourtant, la qualité des formations passe par de bonnes conditions de travail : du temps de préparation rémunéré, des contrats stables permettant une formation continue. Que comptaient faire les participants de la table ronde à ce sujet ?
F. Pradal ayant annoncé que les questions seraient regroupées, il était fort possible que la fin de non recevoir qui nous avait été opposée l'année dernière se répète... mais non, le journaliste a relayé notre question. Et cette année, les réponses permettent d'être optimistes.
Réponse de l'Acsé : Les budgets proposés par les organismes de formation dans le cadre des marchés publics leur semblent parfois trop bas ... avis à ceux qui remplissent les dossiers et budgétisent : si vous mettez les prix au ras du plancher, les financeurs ne suivent pas, car ils savent qu'on ne peut pas faire de la qualité à ce prix là !
Réponse de l'Anaem : Le dialogue doit se faire, il faut en parler, au lieu de masquer ces questions de conditions de travail derrière des questions pédagogiques. Et... c'est de notre responsabilité (à nous, les exploités) d'entamer ce dialogue-là. Une offre timide, mais que nous entendons faire aboutir d'une manière ou d'une autre... avis à nous tous, donc, il faut se mobiliser !
Nuitdechine, pour FLE attaque
PS : Je n'ai pas pu prendre le temps de dialoguer aussi longuement que je l'aurais voulu avec tous ceux qui en auraient eu envie. Je portais plusieurs casquettes ce soir là et des invités m'attendaient à la maison... Mais j'espère que ce n'est que partie remise.
Trackbacks
Pour faire un trackback sur ce billet : http://metiersdufle.zeblog.com/trackback.php?e_id=293687
Commentaires Le 10/02/2008 à 5:00, par cricri
Réponses ACSE et ANAEM
Réponse SNPEFP Petit manuel à l'usage des employeurs de l’économie sociale solidaire et de l'éducation populaire Suite aux déclarations des employeurs associatifs qui, conscients que leurs salariés consentent à des sacrifices depuis des années, continuent à leur demander de se préparer à subir d’autres conséquences néfastes des déboires économiques actuels de leurs centres : En France, des milliers d’organismes de formation, d’associations et de sociétés de conseil génèrent un chiffre d'affaires de plusieurs millions d'euros. Le secteur associatif, généralement tourné vers des actions d’insertion pour des publics défavorisés, a plusieurs atouts : - en visant la promotion des personnes, il est porteur de valeurs sociales ; - en touchant des milliers de bénéficiaires, il joue également un rôle essentiel pour le développement économique local. Mais depuis la décentralisation et la mise en place du code des marchés publics, le secteur de la Formation Professionnelle Continue peut aussi être vecteur de risques : menace de l’unité et de l’efficacité du service public, incohérence des formations et des interventions, inégalité d’accès à une formation de qualité, précarisation des personnels… Les associations doivent dorénavant intégrer les modalités et procédures du ‘code des marchés publics’, répondre à des appels d’offre, établir des contrats d’objectifs rendus obligatoires ; cette démarche s’aligne sur les politiques de marchandisation du privé. Il est incontestable que la politique régionale en matière de formation conduit inexorablement les centres vers de graves difficultés financières. Certains centres ont anticipé ce changement, surfé sur le DIF, déployé leurs efforts sur des dispositifs diversifiés, ont développé leur offre et... recrutent. Chouette pour ous (surtout en anglais). Hélas, hélas ! D'autres ont opté pour des choix préjudiciables à leurs salariés : brader leur bien immobilier, geler les salaires ou licencier le personnel, à commencer par les responsables syndicaux. Nous ne sommes pas responsables du financement ni de la gestion des structures et établissements qui nous emploient. Nous subissons les décisions des dirigeants. Quelles que soient les causes des déficits, il est extrêmement alarmant de constater la manière dont sont détournés les "objectifs sociaux" de leurs associations pour atteindre l'équilibre financier. Nous sommes, tout comme nos employeurs, soucieux de et attentifs à l'utilisation des fonds publics. Toutefois, nous ne pouvons pas cautionner les méthodes appliquées et leurs conséquences, tant au niveau social qu'au niveau humain. Des exemples édifiants sont nombreux. Ces situations nous désolent et nous embarrassent. Il est en effet incompréhensible, voire inacceptable de la part d’organisme de formation de l’éducation populaire et de l’économie sociale de solutionner des difficultés de gestion par la précarité, la mise au chômage, l’abus de CDDs d’usage répétés... Nous ne cessons d’exprimer notre inquiétude et notre désapprobation. OUI, 1000 fois OUI ! OUI, IL FAUT PARLER des conditions de travail OUI, c'est de notre responsabilité à nous, les exploités OUI, il faut se mobiliser ! Christine GARCIA SNPEFP - CGT Le 11/02/2008 à 22:43, par LapetiteRoberta
Je suis d'accord avec Christine Garcia. Les organismes de formations ont dû intégrer les modalités et procédures du "code des marchés publics"et ces obligations sont souvent préjudiciables aux salariés.
Les réponses de messieurs Benamra (de l'Acsé) et Lhote (de l'Anaem) me semble, malheureusement, assez de mauvaise foi. Si un organisme veut remporter l'appel d'offre, il se doit d'être très compétitif. A savoir, garant de qualité avec son quota de diplômés, ses locaux, son fonctionnement, à des prix défiant toute concurrence. Néanmoins, prenons les aux mots. Faisons remonter aux directions des organismes de formations "la bonne nouvelle" et adjoignons nous pour changer la donne dans les réponses aux appels d’offre. Après tout, si tous les organismes se mettaient d'accord pour augmenter les demandes de subventions, les institutions n'auraient pas le choix. Alors, merci, messieurs, pour cet encouragement. Catherine - désabusée. Edité par metiersdufle le 16/02/2008 à 5:04 Le 13/02/2008 à 17:13, par Nuitdechine
Hello LapetiteRoberta,
C'est peut-être un discours officiel, peut-être de la langue de bois... mais ce n'est pas la première fois que j'entends ce discours chez les financeurs. Je suis contente que ce soit dit publiquement. Ils n'avaient pas prévu l'effet qu'aurait les marchés publics sur les organismes de formation. Je pense qu'il sera possible, à terme, de demander aux financeurs d'indiquer publiquement le seuil en deçà duquel ils refusent de considérer une offre. Ce seuil pourrait faire l'objet d'une négociation, afin d'améliorer les conditions de travail des intervenants. Je trouve que cette déclaration publique est une avancée, non pas parce qu'elle résout tout, mais parce qu'elle ouvre un espace de dialogue. Amitiés Le 17/02/2008 à 1:57, par LapetiteRoberta
Bonsoir,
Alors effectivement, réfléchissons à une action en direction des financeurs. Peut-être type lettre ouverte, notamment signée par des organismes de formation de tout poil. J'avais suivi la bataille entre l'AEFTI et l'Assofac quant aux réponses pour le marché du CAI. C'est l'assofac qui avait "gagné" en bradant leur prestation. Je me suis dit que c'était tout bénéf pour les financeurs : la prestation était peu chère et ils s'assuraient d'une "bonne réalisation" puisque l'assofac avait ses locaux et ses formateurs. Que les financeurs refusent de répondre favorablement aux petites asso qui n'ont ni réputation, ni assise matérielle est une autre chose. Mais encore une fois, oui peut-être qu'il faut profiter de l'ouverture. En s'adressant, par exemple, directement à messieurs Benamra et Lhote. Amitiés. Le 18/02/2008 à 23:06, par esmeralda
Lutter pour de meilleures conditions de rémunération et de travail, oui.
Dénoncer aussi auprès du ministère de l'éducation nationale l'excès de recrutement universitaire dans les filières FLE. Arrêter cette hémorragie de jeunes profs de FLE qui n'ont pour perspective que la précarité ou de manger la poussière... Ajouter un commentaire |
| FLE attaque - un oeil attentif sur les métiers du FLE - Blog créé avec ZeBlog | |