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Lettre ouverte des enseignants-chercheurs au sujet du plan CLEF

Par FLE Attaque :: 01/05/2008 à 15:42 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels


       " À Monsieur le Ministre de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement

101, rue de Grenelle
75323 PARIS CEDEX 07

Monsieur le Ministre,

Le Ministère que vous avez en charge a adopté, concernant la formation des migrants dans le cadre du Contrat d’Accueil et d’Intégration, un certain nombre d’orientations qui nous concernent et nous préoccupent, en tant que didacticiens des langues,  formateurs d'enseignants en français langue seconde et / ou sociolinguistes des contacts de langues.

L’apprentissage du français par les migrants nous apparaît, de même qu’à vous, comme un vecteur important d’intégration dans la société française et, en tant que responsables de diplômes universitaires et/ou formateurs d’enseignants spécialistes du français langue étrangère et seconde, nous sommes nous-même impliqués pour contribuer à cet apprentissage. Le plan départemental d’apprentissage du français mis en œuvre dans le Rhône depuis octobre 2007, et qui pourrait constituer une expérience susceptible d’être étendue, attire tout particulièrement notre attention du fait des modalités qu’il promeut pour répondre à ces besoins d’apprentissage.

Si on les résume, forcément de manière elliptique, pour ce dont nous voudrions vous entretenir dans cette lettre, cela tient en deux points :

1° Le choix a été fait, pour la formation linguistique des migrants, qu’elle soit assurée par des formateurs volontaires, des « personnes acceptant de faire des heures supplémentaires en plus de leur travail ou fonctionnaires retraités » et rémunérés à temps partiel (16h par mois) ;

2° Ces volontaires, qui ont parfois, pour certains d’entre eux, d’autres formes d’expériences d’enseignement, sont formés de manière cursive, sans référentiel de compétences (38 h au total, comprenant « une formation initiale de 4 jours, une autoformation continue grâce à un kit pédagogique, et une formation sur le terrain grâce à un suivi ponctuel »).

Les didacticiens des langues et sociolinguistes, également chercheurs et formateurs à l’université que nous sommes, ne peuvent que formuler quelques remarques, dont nous souhaiterions vous entretenir plus longuement si vous le pensez opportun :

1° Nous ne pouvons douter de l’investissement et du dévouement des volontaires et / ou bénévoles devant intervenir dans ce programme, bien au contraire. Cependant, nous nous demandons si investissement et dévouement suffisent (si cela suffisait, pourquoi l’éducation nationale, dans son ensemble, ne fonctionnerait-t-elle pas sur ces mêmes principes ?).

2° Cela fait donc émerger la question de la formation de ces volontaires et de leur expérience. Certes, une partie d’entre eux, nous le savons pour être investis dans ce domaine depuis un certain nombre d’années, sont d’anciens enseignants.
Il faut cependant rappeler qu’on n’enseigne pas à des adultes (ce qui est le cas des dispositifs du Contrat d’accueil et d’intégration) comme à des  enfants ou adolescents, et que le transfert, avec peu d’adaptations, de pratiques pour enfants à des publics adultes peut se révéler extrêmement contre-productif. Ces transferts ne s’opèrent pas spontanément : des formations peuvent être conçues pour favoriser la réflexion sur une expérience antérieure, et sa mise en valeur adaptée pour de nouvelles fonctions. Cela nécessite généralement un temps relativement long et des processus complexes, comme le montrent les modalités mises en œuvre dans un certain nombre de formations accueillant des adultes en reprise d’études.
De plus, enseigner une langue et une culture étrangères à des migrants comporte nombre d’enjeux cruciaux pour les destinataires de cet enseignement. Dans nos diplômes universitaires (Masters professionnels), nous considérons  (et cela est admis depuis longtemps par le ministère de l’Education nationale ainsi que par celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui finance ces formations) que 300 heures de formation et un stage de 100 heures constituent un minimum en formation initiale (nombre de nos étudiants suivent également une deuxième année de master, avec 350 heures de formation + 300 heures de stage). Il serait étonnant, même pour les volontaires ayant une expérience de l’enseignement, que quelques dizaines d’heures de formation suffisent à réaliser les apports nécessaires à la fois aux spécificités de l’enseignement d’une langue et d’une culture étrangères, et à la réflexion-transformation de l’expérience passée des futurs intervenants pour les préparer à leurs nouvelles tâches.

3° Si l’objectif de l’actuel dispositif était de minimiser les coûts, comme le voudrait une gestion sérieuse et efficace des deniers publics, cela ne peut aller sans considérer le rapport coût-avantage. Tout indique, dans le dispositif actuel, que si les coûts sont connus (sans doute faibles) les avantages sont fort improbables voire aléatoires, car les migrants non compétents en français passant par ces dispositifs ne peuvent raisonnablement pas y acquérir le minimum de compétences nécessaires à leur future intégration en France. Ce déficit d’intégration a, en revanche, des coûts bien connus sur le long terme. L’un d’entre eux consiste à sanctionner surtout la réussite des migrants de haut niveau de formation (pour qui ces formations sont redondantes), et à accepter les coûts résultants des difficultés d’intégration des migrants ayant de moindres qualifications, ce qui est dommageable autant pour eux que pour la société d’accueil (efficacité au travail, risques professionnels, image de la France à l’étranger…).

4° Enfin, problème distinct, mais qui a son importance : il existe en France des gisements de compétences importants issus des formations de Master dits de « Français langue étrangère / seconde » (FLE/S) qu’il serait dommageable de ne pas exploiter, puisque ce sont les budgets de l’Etat qui ont contribué à les constituer. Depuis longtemps maintenant, un certain nombre de formations ont été habilitées par le ministère de l’Education nationale pour former des enseignants de FLE/S, tant pour l’étranger que pour des besoins en France. On peut craindre un certain gâchis, lorsqu’on s’aperçoit que ces compétences ne peuvent être mises à contribution dans les dispositifs actuels du CAI. Sans parler, puisque cela nous engage trop directement, des ressources disponibles du point de vue des connaissances construites par la recherche française dans ce domaine, ressources encore une fois construites à l’aide de financements de l’Etat, et qui pourraient être mises à contribution pour améliorer les dispositifs qui commencent  à être mis en place.

Pour toutes ces raisons, il nous semble important que nous puissions être entendus, afin de vous rappeler que, en tant que fonctionnaires rémunérés par l’Etat et donc par le contribuable, il nous semble utile, voire souhaitable, que les compétences et ressources de toute nature disponibles dans un ministère de l’Etat français puissent être mises à profit par un autre (cela fait d’ailleurs partie d’un calcul coûts-avantages bien compris).

Nous pouvons indiquer deux points particuliers qui pourraient retenir votre attention, en restant ouverts à la discussion de besoins qui pourraient être exprimés par votre ministère :

1° Un certain nombre d’enseignants-chercheurs, de responsables de formation et de professionnels du champ ont commencé à réfléchir, avec la DGLFLF (ministère de la Culture), à un référentiel de compétences pour des intervenants en formations de français auprès de migrants en France.

2° Un certain nombre de spécialités de Master en France pourraient, en concertation avec votre Ministère et sur la base du référentiel ci-dessus, s’orienter de manière plus nette vers la formation continue des personnels exerçant déjà dans le domaine de la formation  des migrants en France.

En nous tenant à votre disposition pour toute rencontre, tout travail en concertation qui pourrait vous sembler opportuns, nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de notre haute considération.

Pour l'ensemble des responsables de master et d'équipes de recherche, ainsi que l'ensemble des enseignants-chercheurs dont la liste figure ci-dessous,

Véronique Castellotti
Université François Rabelais, Tours


Copie à

Madame la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche
Monsieur le Délégué général à la langue française et aux langues de France

Responsables de formations de master et d’équipes de recherche

1. Marie-José Barbot, PU, Université Charles de Gaulle - Lille 3, responsable du master Didactique du français et des langues LCE, FLE, Autoformation et diversification des publics du master SDL.
2. Jean-Claude Beacco, P.U., Université de la Sorbonne nouvelle, responsable de la spécialité Didactique du français et des langues du master Sciences du langage, co-auteur du Niveau A1.1 pour le DILF.
3. Mireille Bilger, PU, Université de Perpignan-via-Domitia, responsable de la filière de FLE.
4. Michel Billières, PU, Université de Toulouse-Le Mirail, responsable du master Professionnel Apprentissage/Didactique du français langue étrangère et seconde.
5. Philippe Blanchet, PU, Université Rennes 2, responsable du master Plurilinguisme et communication interculturelle en domaines francophones, directeur du laboratoire Plurilinguisme, Représentations, Expressions Francophones - Information, Communication, Sociolinguistique, EA 3207 / UMR CNRS LCF 8143.
6. Arlette Bothorel-Witz, P.U., Université Marc Bloch-Strasbourg 2, responsable du master Plurilinguisme européen.
7. Robert Bouchard, P.U., Université Lumière Lyon 2, responsable du master pro FLE/S.
8. Patrice Brasseur, P.U., Université d'Avignon, responsable du master Didactique du FLE/FLS et éducation interculturelle.
9. Aude Bretegnier, Maître de conférences, Université François Rabelais - Tours, responsable de la spécialité de master FLE/S : appropriation, diversité, insertion.
10. Louis Jean Calvet, P.U., Université de Provence, responsable du master de coopération linguistique et éducative (politique et planification linguistiques).
11. Michel Candelier, P.U., Université du Maine, responsable du master Didactiques et politiques des langues - nouvelles technologies et FLE.
12. Francis Carton, Maître de conférences, Université Nancy 2, Directeur de l'UFR Sciences du Langage.
13. Véronique Castellotti, P.U., Université François Rabelais, Tours, responsable du master mention Formation et diversité : langues, éducation, francophonies.
14. Jean-Louis Chiss, P.U., Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Directeur de l'UFR de didactique du français langue étrangère et de l'équipe d'accueil DILTEC Didactique des langues, des textes et des cultures.
15. Richard Duda, P.U., Université Nancy 2, responsable du master Didactique des Langues.
16. Jean-Michel Eloy, P.U., Université de Picardie, directeur du Laboratoire d'Etudes Sociolinguistiques sur le Contact des Langues et la Politique linguistique (LESCLaP).
17. Danièle Flament-Boistrancourt, P.U., Université Paris 10 Nanterre, responsable du master spécialité FLE.
18. Elisabeth Guimbretière, P.U., université Paris 7 Denis Diderot, responsable de la spécialité F.L.E. du master Sciences du Langage.
19. Emmanuelle Huver, Maitre de conférences, Université F. Rabelais – Tours, responsable du département sociolinguistique et didactique des langues.
20. Philippe Lane, P.U., Université de Rouen, responsable du master LSH mention Langages et Francophonie.
21. Jean-Marc Mangiante, Maître de conférences, Université d'Artois, co-responsable du master FLE / FLS en milieux scolaire et entrepreneurial.
22. Pierre Martinez, P.U., Université Paris 8 - Saint-Denis, directeur de l’UFR Sciences du Langage - Co-directeur du master SDL/DDLE.
23. Marinette Matthey, P.U., Université Grenoble 3, responsable du master SDL Recherche linguistique, sociolinguistique et acquisition du langage.
24. Patricia von Münchow, Maitre de conférences, Université Paris Descartes responsable du master Didactique du FLE et interculturalité.
25. Alain Payeur, Maître de conférences, Université du Littoral côte d’Opale, responsable du master  FLE et ingénierie de la formation.
26. Maguy Pothier, P.U., université Blaise Pascal - Clermont 2, responsable du master de Didactique des langues et des cultures - Français langue étrangère et seconde.
27. Jean-Jacques Richer, Maître de conférences, Université de Bourgogne, Responsable du master FLE/S – FOS – CFOAD.
28. Didier de Robillard, PU, Université François Rabelais - Tours, responsable de l’équipe d’accueil 4246 Dynamiques et enjeux de la diversité : langues, cultures, formation.
29. Jean-Louis Rougé, P.U., Université d'Orléans, responsable du master Didactique des Langues et Nouvelles Technologie, directeur de l'Institut de Français.
30. Blandine Rui, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, responsable du master Métiers du FLE.
31. Thierry Soubrié, Maître de conférences, Université Stendhal - Grenoble 3, responsable du département de FLE.
32. Henriette Stoffel, Maître de conférences, Université de Provence, responsable du parcours didactique du Français langue étrangère et seconde,coopération linguistique et éducative du master SCL.
33. Michèle Verdelhan, P.U., Université Montpellier 3, responsable du master FLE/S - Pratiques professionnelles en français langue non maternelle, responsable de l'équipe DIDAXIS.
34. Geneviève Zarate, P.U., INALCO - Paris, responsable du master Didactique dans une perspective plurilingue et pluriculturelle, responsable de la JE 2502 Pluralité des langues et des identités en didactique : acquisition, médiations (PLIDAM).

Autres Enseignants-chercheurs en FLE/S et/ou sociolinguistique

  1. Jo Arditty, Université Paris 8
  2. Michelle Auzanneau, Université Paris 5 René Descartes
  3. Nathalie Auger, Université Montpellier 3
  4. Christine Beal, Université Montpellier 3
  5. Margaret Bento, Université Paris-Descartes
  6. Marie Berchoud, professeur des universités, Dijon, Laboratoire LaSELDi
  7. Marie Madeleine Bertucci, Université / IUFM de Cergy Pontoise
  8. Violaine Bigot, Université d’Angers
  9. Danielle Boissat, Université Lyon 2
  10. Claudy Bouyon, Université Montpellier 3
  11. Claude Caitucoli, Université de Rouen
  12. Cristelle Cavalla, Université Stendhal Grenoble 3
  13. Stéphanie Clerc, Université d’Avignon
  14. Daniel Coste, Professeur émérite, ENS Lettres et Sciences humaines
  15. Christine Deprez, Université Paris 5 René Descartes
  16. Pierre Dumont, ISEF, Université des Antilles et de la Guyane
  17. Anne-Laure Foucher, Université Blaise Pascal - Clermont-Ferrand
  18. Béatrice Fracchiolla, Université de Paris 8
  19. Stéphanie Galligani, Université Paris 3 - Sorbonne nouvelle
  20. Isabelle Gruca, Université de Nice
  21. Dominique Huck, Université Marc Bloch - Strasbourg 2
  22. Patricia Lambert, Université François Rabelais, Tours
  23. Michèle Le Douaron, Université d’Avignon
  24. Nadège Le Lan, Université du Littoral Côte d'Opale
  25. Daniel Modard, Université de Rouen
  26. Claudine Moïse, Université d'Avignon
  27. Danièle Moore, Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle
  28. Isabelle Pierozak, Université de Picardie Jules Verne, Amiens
  29. Jean-Charles Pochard, Université Lumière – Lyon 2
  30. Marielle Rispail, Université / IUFM de Nice
  31. Kamila Sefta, Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle
  32. Valérie Spaëth, Université de Poitiers
  33. Pedro Urena Rib, Université des Antilles et de la Guyane
  34. M.T. Vasseur, Université du Maine
  35. Georges Daniel Véronique, Université de Provence
  36. Sylvie Wharton, Université de la Réunion

Un témoignage paru sur le blog "Vacataires en colère"

Par FLE Attaque :: 16/04/2008 à 10:15 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

08.04.2008

ON EMBAUCHE !!!!

Chers visiteurs (f/h), bienvenue sur ce blog. J'allais vous parler, une fois de plus, de mon amie Carmen. Carmen, vous savez, mon amie vacataire. Souriante et sympa. Là, j'étais en train de rêver devant mon écran blanc - vous n'imaginez pas comme c'est dur d'écrire pour des lecteurs anonymes – et voilà on sonne à la porte. C'était elle, justement, Carmen.
- »Vakater, me dit-elle, j'ai pensé à toi. »
Entre nous, cela ne m'étonne pas, Carmen pense toujours aux autres. Si la discipline « empathie » était représentée aux Jeux Olympiques, elle raflerait plein de médailles, juste un peu moins que le Dalaï Lama, quand même.
« Regarde. Il y a une offre à l'ENTA . Ils veulent embaucher un prof de français langue étrangère. C'est le boulot que tu faisais avant de te faire virer, non? Tu dois postuler...
-Hein, mais Carmen... Ils m'ont virée justement parce que je demandais un poste, ou du moins un contrat de travail. Faut dire, comme ils étaient réticents, j'ai déposé ma demande au tribunal administratif. C'est pas une bonne base pour des relations amicales. Et puis, ils ont eu peur que je fasse école, que j'organise une rébellion des vacataires. Rien à craindre pourtant, les vacataires, c'est pas le genre à prendre d''assaut le Palais d'Hiver tous les matins. Enfin, résultat, virée...
- C'était une mesure disciplinaire. Et alors ... Tu as fait le boulot pour lequel ils veulent embaucher quelqu'un. Tu dois écrire, toi aussi. Evidemment, ils disent qu'ils souhaitent un doctorat. Souhaiter, c'est pas exiger... D'ailleurs, t'as vu, ils mettent même pas en quoi il faut avoir écrit une thèse. Justement, mon dentiste me disait qu'il en a marre, je vais lui dire ...
-Beaucoup de boulot, quand même, des cours, du travail administratif, recherche ...
-Je pars, je dois voir Bruno. Ecris ta lettre, toi ...
- Mais, Carmen, je n'ai aucune chance...
-Si tu n'écris pas, c'est clair. Et en plus, ils diront qu'au fond, tu n'étais pas intéressée par le poste, que tu n'avais pas envie de faire de la recherche. Tu te rends compte, ils veulent embaucher quelqu'un de l'extérieur alors que des vacataires font ce boulot d'enseignement du FLE depuis des années. C'est scandaleux, non? »
Carmen est rentrée chez elle. Moi, j'étais convaincue. Au lieu d'écrire une nouvelle note pour ce blog, j'ai répondu à l'annonce de l'ENTA ( l'ENTA est dans notre 'second life' du blog une grande école nationale où on s'occupe principalement des nouvelles technologies de la communication. Motus, j'ai pas dit ....). J'ai parlé de mes qualifications, de mes connaissances, de mes savoir-faire et savoir-être qui avaient été évalués plus d'une fois. J'ai parlé d'un projet de recherche super intéressant ... Mais honnêtement, je crois que j'ai peu de chances. Parce que, s'ils m'ont virée, c'est pour ne plus me voir. Mais vous, peut-être que ça vous intéresse. N'hésitez pas à répondre. Pour les lecteurs (f/h) de ce blog qui habitent dans d'autres régions, sachez que Brest est une ville fabuleuse. Bon, je vous donne le lien.
[…]

N'hésitez pas à répondre à cette annonce. Et puis, j'avais oublié. Ils cherchent aussi une perle rare pour enseigner l'anglais. Je veux dire, quelqu'un de vraiment bien, pas comme tous ces professeurs d'anglais vacataires qui travaillent dans cette école depuis des années. Tous des incapables, en fait. Je me demande pourquoi on leur donne des heures de cours, année après année. Ils n'ont pas de contrat, on pourrait les virer facilement. J'en connais un qui travaille là depuis 17 ans. Il ne sera pas embauché. Il continuera probablement à enseigner comme vacataire. Mais, vous ... Bonne chance.


Et le pire, vous savez ce que c'est, s'ils trouvent leurs super profs géniaux grâce à mon blog, qui a une sacré diffusion maintenant, ils ne penseront même pas à me dire merci.

 

La francophonie au pays des Pyramides : histoire d'un formidable gâchis

Par FLE Attaque :: 17/03/2008 à 12:43 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

"Ci-joint un texte qui témoigne du  courage de certains responsables  de notre langue  à l'étranger et bien évidemment de la  désastreuse  réalité de notre secteur . Il serait temps que ceux qui prétendent défendre notre langue et ses acteurs  se réveillent..
Chantal Forestal, Présidente du Collectif FLE-FLS 

 

L'Ambassade de France au Caire licencie. Les personnels en contrat local du service culturel, insensibles à cette nouvelle avancée du dialogue franco-arabe, se mettent en grève.

Au-delà de la mesure déplorable qui justifie la résistance d'un groupe de 15 à 30 salariés égyptiens, victimes d'un licenciement économique, c'est un nouvel épisode du repli mondial de la France qui se joue actuellement en Egypte. La méthode et la finalité même de ce "dégraissage" dévoilent en outre des dysfonctionnements graves de nos services à l'étranger, bien plus coûteux aux contribuables français que les salaires dérisoires des collègues remerciés.

Sur le fond. Force est de constater qu'il n'y a plus de politique culturelle française en Egypte depuis au moins 10 ans. Elle ne tient plus que par l'attrait que les Pyramides et Louxor exercent sur quelques noms de la nomenklatura de "Culturesfrance". Et, malgré les apparences trompeuses, ce rayonnement en cours d'extinction est encore plus réduit dans le système éducatif puisqu'il se résume à un soutien aléatoire au service d'une élite marginale qui représente aujourd'hui moins de 1% des bientôt 80 millions d'Egyptiens. Réservée au seul parc des écoles chrétiennes, privées, francophones et payantes, la coopération éducative est d'année en année de moins en moins susceptible d'avoir une quelconque incidence sur le cours des choses et des idées dans ce pays essentiellement arabe, pauvre et musulman.

En clair, le licenciement du "petit personnel" est aujourd'hui d'autant plus injuste et dangereux qu'il va encore retarder la prise de conscience des faillites réelles de notre dispositif. La première cause de l'échec de notre action est d'abord de l'ordre de la vision et de la cohérence politique: la France ne peut pas prétendre jouer un rôle dans l'équilibre méditerranéen et contribuer à atténuer les effets désastreux du prétendu choc des cultures alors que ses services sur place ne sont pas capables d'établir le moindre dialogue éducatif dans le pays arabe le plus important de la région. La seconde cause est à chercher dans la mauvaise gestion qui est faite de nos investissements par notre réseau lui-même. Dans ce pays complexe et heureusement ami, entre poudrière du Moyen-Orient et archéologie, avec un ambassadeur débordé, une hiérarchie de "cadres moyens" pas plus compétente qu'ailleurs mais isolée jusqu'à s'offrir le luxe de ne pas communiquer avec le reste du dispositif expatrié, on obtient une absence totale d'orientation, de motivation et donc d'efficacité. Il est facile dans ces conditions de dénoncer les personnels en surnombre quand c'est l'irresponsabilité des cadres qui leur interdit toute perspective de réussite.

L'exemple de la mission que je viens d'achever au Caire comme attaché pour le français est révélatrice de ces dysfonctionnements. Nommé sur un poste dédié aux technologies éducatives au profil totalement inadapté au pays, je construis pendant trois ans, sans soutien et avec des moyens insuffisants, mais sans que personne n'ait non plus le courage de me désavouer et de m'arrêter, une politique de coopération de rechange qui débouche en juillet 2007 sur l'engagement du Ministre égyptien de l'Education de restaurer pour le français une place acceptable dans l'enseignement public. L'enjeu porte sur au moins 5 millions de jeunes Egyptiens face aux 40 000 élèves du privé. Deux Secrétaires d'Etat viennent à Paris pour discuter du programme quinquennal qui doit permettre de remettre du français dans la société égyptienne "civile" et renouveler à terme le français d'élite à bout de souffle. Le projet est aujourd'hui enterré. Quel gâchis!

A l’heure où Nicolas Sarkozy prétend réformer la France-Afrique et promouvoir l'Union méditerranéenne, cet épisode égyptien envoie un tout autre message. Celui d'une politique culturelle en adéquation partout dans le monde avec l’élitisme de pouvoirs discrédités, la tentation rassurante de l’entre-soi et de la mise à distance des gueux comme des femmes à foulard, l’absence de réel projet de coopération au profit des populations et les dérives de l’action des agents à l’étranger pour qui la "modernisation" de la fonction publique passe d'abord par sa paralysie et son discrédit.

"C'est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation", nous disait le président tout juste élu le soir du 6 mai 2007. Mais au-delà de la rhétorique, comment la France compte-t-elle concrètement s’y prendre pour jeter des ponts entre les peuples des deux rives de la Méditerranée, plutôt que de les couper ?

Bernard Platel

Education nationale et traitement de l'immigration

Par FLE Attaque :: 27/02/2008 à 18:13 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

Encore un témoignage concernant l'éducation nationale qui nous est parvenu :

Je suis documentaliste en lycée, et ces dernières semaines mon proviseur m’a convoqué pour, m’a-t-il dit, me confier « une mission ».
Il a reçu 2 courriers de l’Inspecteur d’académie, un de fin novembre, et un de début janvier. Dans le premier, l’Inspecteur vante « le programme important d’offre d’apprentissage de la langue française à l’intention des étrangers en situation régulière » mis en place par le Préfet du Rhône. Il dit qu’il faut que les parents soient informés de l’offre et « convaincus de leur intérêt à l’accepter » et poursuit « Nous devons donc participer à la diffusion de cette information et en dialoguer avec les parents d’élèves concernés… notamment les mères récemment arrivées.. ». Il est question d’interprètes qui pourront intervenir et seront payés pour.
L’Inspecteur demande aux chefs d’établissement d’engager l’information des parents concernés.
Dans le 2ème courrier, l’Inspecteur demande aux chefs d’établissement de « recenser les besoins nécessaires » en matière d’interprétariat…

C’est suite à tout cela que Monsieur le Proviseur me demande :
1/ de me procurer les brochures d’information de la Préfecture et de les diffuser (« Pour mieux vous intégrer, apprenez le français.. »).
2/ de recenser le besoins en interprètes…

J’explique à mon proviseur qu’il n’entre pas dans mes missions de relayer la politique gouvernementale en matière d’immigration, puisqu'on on sait que toutes ces questions d’intégration, dont la maîtrise de la langue française, figurent dans les nouvelles lois comme conditions à la délivrance des premières cartes de résident (L314.2 du Ceseda). Je lui explique aussi que je me vois mal en train de recenser et finalement stigmatiser parmi les élèves ceux qui ont des parents étrangers, puis ceux qui ont des parents en situation régulière à l’exception des autres, puis ceux dont les parents en situation régulière ne parlent pas bien le français…  Enfin, si l’éducation des enfants est bien de mon ressort, ce n’est pas le cas  de l’éducation des parents… Bref, je lui fais bien comprendre qu’il ne pourra pas compter sur moi pour sa nouvelle mission !
Je passe sur les réponses comme quoi je n’ai pas à me poser de questions ni à réfléchir, mais à obéir…

Voilà comment l’Education Nationale pourrait bien, si nous n’y prenions garde, devenir une caisse de résonance pour le ministre Hortefeux. Après l’encouragement à la délation dans les administrations pour chasser les sans-papiers, voilà l’autre versant avec l’enrôlement des enseignants dans la « politique d’intégration républicaine » des immigrés choisis !
Soyons nombreux à refuser de cautionner l’un et l’autre versant de cette politique qui ne respecte rien de la volonté des hommes, femmes,  et enfants, qui se sont réfugiés en France pour exister et tenter de vivre mieux, tout simplement, ou pour  toutes sortes de considérations liées à leur vie familiale ou privée qu'il ne nous appartient pas  de juger !                                                                          

PS : Je suis bien d'accord pour que des structures adaptées (avec des profs formés pour)  aident les immigré(e)s à apprendre la langue française, mais quand ils et elles en ressentiront le besoin, et pas dans le cadre d'une obligation édictée par la législation  pour obtenir une carte de séjour!..
Enfin, j'aimerais bien savoir si d'autres enseignants ont été sollicités comme moi

Les élèves fichés dans l'éducation nationale

Une information transmise sur notre adresse mail
fleattaque2(@)gmail.com

Depuis 2006, une nouvelle base de données est mise en place par note administrative de l’éducation nationale. Cette note (introuvable et non communiquée par ailleurs) impose aux directrices et directeurs d’école de renseigner une base de données (base élèves) comportant des informations confidentielles concernant l’histoire familiale, scolaire et médicale de tous les enfants scolarisés ou en âge de l’être. Ces données sont transmises, par internet !, à la hiérarchie et peuvent être partiellement consultées par le Maire. Les pressions
contre les directrices et directeurs s’opposant à ce fichier sont énormes (« démission » forcée de son poste de direction par exemple, calcul des effectifs prévisionnels qui permettent l’ouverture de classe ou le maintien du nombre de classes existant par le biais de ce fichier informatique…). La CNIL a sommé l’éducation nationale de
protéger ces données (rien n’est encore fiable).
Nous ne sommes pas non plus à l’abri de croisement de fichiers administratifs.
Bref, base élèves est bien loin du simple outil de gestion annoncé par l’éducation nationale mais représente bien un danger pour les libertés individuelles.

Pour toutes ces raisons, le Collectif Rennais de REsistance SOciale (Correso), a décidé de lancer une pétition nationale pour la suppression de base élèves, pétition soutenue par 170 personnes et personnalités du monde de l'éducation,de la philosophie, de la pédiatrie, de la sociologie, de la psychologie, comme Philippe Meirieu, Albert Jacquard, Jacques Testart, Laurent Ott... Elle a déjà recueilli près de 2000 signatures en 48 heures.

Vous pouvez signer la pétition à
http://souriez.info/Petition-pour-le-retrait-de-Base-eleves

Etude de l'université Stendhal : que deviennent les étudiants issus de la maîtrise fle ?

Par FLE Attaque :: 23/02/2008 à 15:46 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

Une étude menée entre 1998 et 2004 auprès des étudiants de maîtrise fle par l'université Stendhal de Grenoble nous informe sur :  

  • la place des concours et de l’activité professionnelle pendant les études
  • les raisons d’arrêter les études
  • l’opinion sur la formation
  • les conditions d’accès au 1er emploi
  • le parcours professionnel
  • la situation actuelle des étudiants (30% sont enseignants fle)

Extrait de la conclusion :

"C’est moins le chômage […] que la précarité des emplois occupés qui témoigne des difficultés d’une insertion stable. En effet, au fil des années, cette précarité se résorbe très peu, sinon par un changement d’orientation professionnelle"

 

Pour en savoir plus :

devenir professionnel des étudiants FLE à Grenoble

 

Itinéraire d’une offre d’emploi scandaleuse !

Par FLE Attaque :: 18/02/2008 à 18:10 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

FLE et calcul mental. Quand 20,15 = 10 !

Le témoignage de Sandrine H. formatrice en Avignon.

 

« C’était sur www.fle.fr:
Date de publication de l'offre: 08|01|2008

SXXX
recherche à proximité de la ville d'AVIGNON 4 professeurs diplômés FLE pour donner des cours (15h au total) à un groupe d'adolescents italiens du 11 au 15 février 2008. Aucun frais de transport ne sera pris en charge par l'organisme.
Date limite de candidature 31|01|2008
Merci d'adresser vos candidatures (lettre de motivation et CV) au plus vite à Mme CXX par mél.

J'ai postulé. On m'a répondu ce qui suit :

Madame,
Nous avons bien reçu votre candidature pour le poste que nous proposons et nous vous en remercions. Celle ci a retenu toute notre attention. J'aurais souhaité vous contacter par téléphone pour en discuter.
Si cette mission vous intéresse toujours, je vous demanderai de bien vouloir me re-contacter au plus vite au 0X.45.97.XX.XX.
 

Vous remerciant par avance, je vous prie d'agréer, Madame, mes salutations distinguées

Mme CXX

Responsable du Service Accueil -

SXXX - 35 Rue du Sauvage - 16000 XXXXXXX- FRANCE

Tél : 0033 X 45 97 XX XX.


J’ai appelé cette dame, e
t après la conversation téléphonique, je lui ai adressé un autre courriel :


Grand merci de votre message et d'avoir bien voulu me rappeler à la cabine téléphonique !
Il vous faudra également me fournir en fin de contrat une attestation employeur pour l' ASSEDIC.
(…)

Dans l'attente de votre message, avec les réponses sur le versement d' indemnités éventuelles de précarité (6%) et de congés payés (10%) puisque vous m'avez dit qu'il n'y avait pas de paiement des heures de préparation,  je vous serais très reconnaissante de bien vouloir me dire également s'il me sera possible de contacter le(s) professeur(s) des élèves, d'avoir connaissance un peu avant de la répartition  garçons/filles, des âges, centres d'intérêt et objectifs d'apprentissage des élèves - par exemple s'ils préparent le DELF et quel niveau, ou le DALF et quel niveau, ou un examen italien de français genre bac,  des résultats des évaluations qui auront dicté leur répartition en groupes, voire des évaluations elles-mêmes, de façon à choisir un film et préparer un cours adapté et qui convienne.
Espérant que c'est le début d'une collaboration fructueuse, je vous dis à très bientôt !

Sandrine H.


J’ai reçu cette réponse :


Madame,
Suite à notre conversation téléphonique, je vous confirme que notre tarif de 20.01 brut horaire comprend également les congés payés. Pour ce qui est de la prime de précarité, il n'y en a pas compte tenu du type de contrat qui est en fait un CDD d'usage.

Si vous avez besoin d'information complémentaire, je peux me renseigner plus en profondeur auprès de ma Responsable des Ressources Humaines mais elle n'est pas là aujourd'hui. N'hésitez pas à revenir vers moi si vous le souhaitez;

D'autre part, j'ai omis de vous parler également que lors d'une première mission avec notre association SXXX, nous prélevons sur votre salaire un montant de 40 € correspondant à la cotisation annuelle à notre association. Sachez que nous faisons en sorte de reprendre les mêmes professeurs lorsque tout se passe bien et que cette cotisation n'est donc à payer qu'une seule fois pour l'année 2008. Si tout se passe bien et que nous avons d'autres missions à vous proposer, nous vous recontacterons bien évidemment en priorité. Compte tenu de tout ce que vous m'avez dit par téléphone, je pense que cet élément peut être important, je conçois que cette somme soit assez importante compte tenu du montant du brut horaire mais nous ne pouvons aller contre et comme je vous l'explique précédemment, cette cotisation est amortie ensuite avec les missions suivantes.

Si vous êtes toujours intéressée par cette mission, je vous demanderai de bien vouloir me confirmer les éléments suivants (…)

Je reste à votre entière disposition pour tout complément d'informations et attends votre réponse très vite.

Bien cordialement

Mme CXX

 

… j’ai fini par lui répondre :

Chère Mme CXX, 

 

Je note que vous et votre direction semblez ignorer que la prime de précarité s'appelle aussi prime d'usage et qu'elle est obligatoire, comme les congés payés et la rémunération du temps de préparation ; j'appelle demain l'inspection du travail injoignable aujourd'hui pour poser la question de la légalité de l'adhésion à l'association retirée du salaire.

Il ressort de tout cela que finalement l'organisme rémunère les heures de cours à 10€ brut chacune si tout est inclus dans les 20,1 € ; par tâtonnement on trouve la base de 12,60 € à laquelle s'ajoutent les différents montants,

et les 20, 1 € se décomposent finalement ainsi :

 

12,60€ + 30/70

= préparation 5,54 € + 6%

= prime d'usage 0,75€+10%

= congés payés1,26€ = 20,15 €

 

ou/et 

 

20, 15€  -  5,54€ préparation - 0,75€ prime d'usage - 1,26€ congés payés  

=  12,60 € brut/h

 

Or il est retiré 40€ d'adhésion à l'association, pour 15h travaillées,

soient 40€/15h = - 2,60€/h

 

12,60 € - 2,60 € = 10 € brut de l'heure

Ce tarif n'est pas légal, il est inférieur aux rémunérations minimales de la profession.

Retirez au moins 2 € de cotisations salariales, on en est à 8 € net,  et enlevez un ticket de bus dans chaque sens pour 3h, qu'est-ce qu'il reste?

Vous et votre direction me faites miroiter la possibilité d'autres contrats dans l'année qui permettraient d'amortir l'adhésion...Qui me les garantit, sinon ma propre envie éventuelle de les espérer??? Et en attendant ces 40 € sont retirés.
 

Le travail de professeur de FLE nécessite plusieurs années d'études et des examens difficiles, je peux justifier d'un DEA et de presque 20 ans d'enseignement du FLE,  je comprends que ma candidature vous intéresse à ce prix-là - mais l'inverse, vraiment pas !

 

Je sais que vous et votre direction avez déjà trouvé et trouverez encore des gens pour accepter des conditions pareilles tant la profession est sinistrée, mais peut-être aurez-vous aussi d'autres réactions de protestation et d'indignation ! Sachez que j'envoie votre offre et cette réponse à qui de droit : il faut que le scandale cesse ! Nous méritons de vrais salaires et de vrais emplois, et pas un peu d'argent de poche: comme c'est dommage pour votre direction !

Dommage, vous aviez l'air charmante ! Merci quand même de votre amabilité !
Et faites suivre vous aussi à qui de droit, c'est bien le moins que vous puissiez faire puisque personnellement vous n'y êtes certainement pour rien!!!

Meilleur souvenir !

Sandrine H. »

Affaire du Rhône : un témoignage concernant les centres sociaux

Par FLE Attaque :: 11/02/2008 à 12:46 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

Bonsoir,

Je travaille dans un centre social sur le rhône et ceux ci sont régulièrement cités comme support pour la mise en oeuvre d'un dispositif CLEF (Comprendre Lire et s'Exprimer en Français) lancé par la préfecture du Rhône à titre expérimental.
Sachez que nous avons construit une position fortement majoritaire entre centres sociaux et avec l'appui de notre fédération sur le Rhône, défavorable à la mise en oeuvre d'un tel dispositif qui n'apparaît pas cohérent avec notre mission pour diverses raisons:
1. Les centres sociaux du Rhône en très grande majorité associatifs, appuient leur dynamique sociale et citoyenne locale sur des dynamiques bénévoles fondamentales, qui constituent le terreau de nos projets sociaux. La cohabitation de bénévoles, citoyens, engagés dans nos valeurs (cf. charte des centres sociaux) avec des volontaires rémunérés à 25 euros brut de l'heure nous semble antinomique et périlleuse.
2. Nous partageons pleinement les inquiétudes et les réflexions des professionnels du FLE, concernant le fait qu'ils soient formés à bac +5 et généralement rémunérés autour de 12€ brut de l'heure pour apporter des formations de qualités à des populations qui nécessitent une prise en considération digne, qui ne correspond pas à ce que pourraient leur apporter quelque volontaire que ce soit formé 38 heures et en plus émanant du Ministère de l’Intérieur plus enclin au contrôle des populations qu’à leur éducation ou insertion sociale. Est ce là une politique d'intégration sérieuse?
3. Dans la plupart des centres sociaux existent des actions de français de socialisation, qui s'articulent avec l'existant sur les territoires, de telle sorte que nos actions constituent une première porte d'entrée, ouverte à tous, afin d'orienter les publics vers d'autres actions correspondants mieux à leurs besoins: insertion... Ces actions se situent souvent en amont et sont respectueuses d'interventions professionnelles de FLE. dans ces actions nous accueillons librement tous publics, sans droit d'inscription, afin d'accueillir et d'ouvrir des portes vers la socialisation, sans un suivi-contrôle individualisé, comme il est demandé dans les dispositifs CAI et hors CAI (où même l'assiduité est contrôlée pour l'accès à un titre de séjour). La mise en oeuvre d'un tel dispositif risquerait de contrevenir complètement à cette mission fondamentale d'un centre social
4. En outre, le dispositif CLEF a été pensé à huis clos, sans aucune concertation avec les acteurs de terrain, que nous sommes, experts de leur territoire, et ne nous semble pas répondre aux besoins actuels de maîtrise de la langue française et d'intégration des populations immigrées.
5. dernièrement, la préfécture a demandé que nous soyons nous même porteur des rémunérations de ces volontaires, sur versement d'une subvention. Or ceux ci ne rentreraient dans aucune de nos grilles salariales et même de notre convention collective. Nous serions donc aussi obligé de créer une situation d’exception dans notre propre gestion de personnel.
6. La fédération des centres sociaux du Rhône vient de se retirer du comité de pilotage qui n'est pas digne de ce nom, puisque lors des 3 réunions ainsi nommées, la cinquantaine de volontaires rémunérés étaient présents. Dans ces conditions difficile d'échanger réflexions et points de vue et de prendre position. C'étaient plutôt des réunions d'information de la préfecture en direction des volontaires et non pas un comité de pilotage.
7. Enfin, nous ne sommes par contre pas opposé à l'orientation des publics vers le DILF qui semble de plus en plus incontournable (et dans quel délai deviendra-t-il obligatoire pour l'obtention des titres des séjours ou de leur renouvellement?). A ce moment là nous aurons un devoir de veille citoyen, vis à vis de ces publics en danger! Mais pour ce faire, nous ne quémanderons pas les 150 euros annoncés, qui ne correspondent à rien en termes de reconnaissance de l'expertise fournie, ainsi que du suivi-contrôle qui est demandé.

Cette position des centres sociaux sur le Rhône est primordiale, car ce dispositif devait être pionnier sur le Rhône. Or il a déjà été diffusé sur les autres départements de la région Rhône-Alpes. Nous avons donc déjà fait savoir notre position mûrie et réfléchie collectivement à l'ensemble des fédérations départementales, pour que les centres sociaux réfléchissent bien à leur position locale.

Pour l'heure, à notre connaissance, aucun centre social sur le Rhône ne s'est engagé formellement dans la mise en oeuvre du dispositif CLEF de la Préfecture du Rhône

bonne chance à tous

Egalement en ligne
La pétition contre le dispositif CLEF

Compte-rendu de l'audience au Sénat avec le Sénateur Adnot, président du groupe des non inscrits

Par FLE Attaque :: 07/02/2008 à 14:19 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

Etaient présents pour le collectif FLE-FLS : Chantal Forestal  (Présidente du Collectif FLE-FLS)  Marie Blaise ( Ferc - Cgt et Aefti), Gérard Ribot (Groupement Fle.fr)

Problématique d'ensemble de la diffusion et de l'enseignement de la langue-culture française et de ses acteurs, en France et à l'étranger, dans le secteur public et dans le secteur privé.

Le rayonnement du français dans le monde : alors que les discours politiques prônent la nécessité d'une diffusion plus efficace de la langue-culture française, les professionnels de terrain qui oeuvrent au quotidien depuis des années pour cette diffusion en France et à l'étranger sont négligés voire méprisés par les pouvoirs publics et leurs activités professionnelles menacées par des mesures interministérielles incompréhensibles au regard du rayonnement national et international de l'enseignement de la langue-culture française.

En effet, à l'heure où il est officiellement demandé aux universités françaises de favoriser l'accueil des étudiants étrangers, ceux-ci sont victimes de la mise en place du plan de "l'immigration choisie" qui leur impose une sélection quant à leur niveau de connaissance du français pour obtenir leur visa d'études en France. Il est de ce fait devenu très difficile voire impossible pour beaucoup d’étudiants  internationaux de venir apprendre le français en France dès le niveau débutant. Ceci prive nos universités de contrats d'échanges d'étudiants, et prive les centres de FLE (français langue étrangère) et leurs enseignants de FLE/FLS d'un public important avec, pour lourde conséquence, une aggravation du chômage et de la précarité des emplois. Par ailleurs la situation des centres et organismes d'enseignement du français à l'étranger n’en est guère améliorée puisque de nombreuses Alliances et Instituts français licencient au profit d'emploi de vacataires et ferment, faute de moyens financiers. Les étudiants français de nos filières FLE/FLS destinés à cet enseignement se retrouvent donc avec pour seuls débouchés des emplois de plus en plus précarisés et des offres de travail à l'étranger en contrat local avec des salaires de misère.

Nous souhaitons que les Ministères concernés prennent conscience des graves répercussions de ces mesures sur la diffusion et le rayonnement de la langue-culture française, sur l'accueil des étudiants étrangers par nos universités, sur l'existence et la survie des centres d'enseignement du FLE/FLS, sur l'emploi de nombreux professionnels qualifiés tant en France qu'à l'étranger.

La reconnaissance de la formation : il n'y a pas de reconnaissance officielle de la discipline universitaire et de ses diplômes de la part d'aucun des 4 Ministères (MEN, MER, MAE, et Immigration, intégration, identité nationale et co-développement) dont dépendent les métiers du FLE/FLS : pas de concours, pas d'exigence de qualifications FLE/FLS dans le recrutement public ou privé d'enseignants-formateurs du français à des étrangers, d'alphabétisation ou de lutte contre l'illettrisme, pas de statut professionnel.

Alors que l'on reproche aux universités d'offrir des formations trop éloignées du monde professionnel, la Didactique des Langues-Cultures (DLC) forme précisément  aux métiers de l’enseignement du FLE/FLS dans l’ensemble du système éducatif et des centres de formation. Ce qui différencie cette discipline universitaire et lui donne sa spécificité professionnalisante, c'est qu'elle intègre comme contenu de formation, l'apprentissage théorico-pratique des pédagogies et méthodologies de l'enseignement d'une langue vivante étrangère  (ex. le français est enseigné en tant que langue non maternelle). La DLC est la seule discipline en Langues et Lettres qui offre ce genre de formation, c’est ce qui explique qu’elle attire de plus en plus d’étudiants et de jeunes chercheurs issus de formations de Langues Vivantes.

Néanmoins, elle souffre depuis son origine d'un refus de reconnaissance au sein même de son Ministère alors que des classes d'accueil des élèves nouveaux arrivants ou dont le français est la langue seconde ont été créées dans l'enseignement primaire et secondaire et que les centres universitaires de langue française pour les étudiants étrangers existent bel et bien au sein des universités. Les uns et les autres démontrent l'existence des publics et de leurs besoins au sein du système scolaire et universitaire.

Nous demandons que les Ministères de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche ainsi que de l'Éducation Nationale donnent sa légitime visibilité et existence à cette discipline en l'intégrant au minimum dans les formations et concours existants de Lettres, Langues Vivantes et de professeurs des écoles.

La régulation de la profession : l’hétérogénéité des publics, la diversité des cadres et structures d'accueil en France et à l'étranger, impliquent non seulement une diversité de missions pour un même professionnel mais aussi de la part des directeurs de centres une complexité dans la gestion de l'organisation, du fonctionnement, de l'offre de formation et du personnel.

Par ailleurs, la marchandisation des actions de formation financées par les collectivités publiques territoriales, comme le Contrat d'Accueil et d'Intégration (CAI) menace les petites structures consacrées à la formation des migrants. En effet le code des marchés publics, appliqué de manière stricte, met en péril les organismes de formation à visée insertion, notamment les associations à but non lucratif,  qui par leur vocation sociale assurent un travail de proximité, indispensable pour la prise en charge des publics migrants. De plus les initiateurs de ce projet n’ont parfois pas jugé utile de prévoir de faire appel à des professionnels pour assurer la formation ou l’évaluation linguistique. Ainsi s’explique l’initiative du Préfet du Rhône qui décide de mettre en place un Plan d'apprentissage de la langue française  en recrutant des fonctionnaires actifs ou retraités qui, formés seulement en  38h, devront assurer la formation. D’autre part cette initiative soulève le grave problème de l'instrumentalisation de l'enseignement et de la formation linguistique (alphabétisation, lutte contre l'illettrisme et FLE/FLS) au service d’une politique d'immigration qui assimile l'obtention d'un diplôme à celle d'un permis de séjour, et met en danger par là même, la mission première d'éducation et d'intégration des publics concernés.

Nous souhaitons attirer l'attention sur ces confusions de rôles et de fonctions qui, comme dans le cas des étudiants précédemment évoqué, nuit à la mission d'enseignement de la langue française ainsi qu'à tous les professionnels impliqués dans cette noble tâche.
C'est pourquoi nous estimons indispensables de consulter les représentants de tous les secteurs afin de travailler à l'élaboration d'une labellisation de qualité pour l'ensemble  des centres de langue publics et privés. Dans cette perspective, nous souhaitons pour toute la profession une procédure d'expertise collective indépendante de la hiérarchie de l'Etat et des entreprises commerciales.

La situation professionnelle des enseignants-formateurs de FLE/FLS : ces problématiques ont des conséquences alarmantes dans le monde du travail. Premièrement, l'inexistence du statut de la profession affecte le secteur public et privé ainsi que la recherche d'emploi (pas de code professionnel défini à l'ANPE) et logiquement répercute sur les conditions de recrutement et celles du travail. En effet, le défaut de statut autorise des propositions d'emplois en France et à l'étranger, du type "moniteur, animateur, stagiaire" qui ne considèrent dans le recrutement et la rémunération ni les qualifications (Master1 minimum), ni l'expérience ni les capacités requises d'adaptation de la pédagogie et des contenus des formations à l'hétérogénéité des publics. Ces conditions de recrutement se retrouvent dans le secteur public, y compris à l'université, qui, en qualité d’organisme formateur dispense une formation diplômante de professionnels, pour la juger, en qualité d’employeur, superflue et insuffisante. Dans tous les cas, la spécificité des enseignants FLE/FLS, en majorité des hors-statuts, est sous-estimée au détriment de la qualité que sont en droit d'espérer les apprenants.

Deuxièmement, l'absence de convention collective spécifique des métiers du FLE/FLS implique que les professionnels soient rattachés à la convention collective des organismes de formation n°3249 qui ne reflète pas la diversité des secteurs et cadres des métiers du FLE/FLS. Cette convention établit pour le formateur un tarif a minima à 13 € bruts/h.

Nous demandons que les enseignants-formateurs de FLE/FLS acquièrent enfin un statut professionnel en rapport avec leurs qualifications qui garantisse les conditions de recrutement et de travail dans l'ensemble des secteurs où ils interviennent. Dans cette perspective, nous souhaitons de façon urgente une actualisation de la convention collective des organismes de formation devenue désuète (n° 3249).

Le processus de labellisation des centres de FLE mis en place à l’initiative du ministère de l’Education nationale devrait être l’occasion pour les pouvoirs publics de réunir autour d’une même table les différents acteurs de ce secteur professionnel, de procéder avec eux à un état des lieux et de créer les conditions d’une concertation qui prenne en compte les enjeux professionnels, économiques, culturels liés à l’enseignement du FLE/FLS en France et à diffusion de la langue française dans le monde.

Paris le 23 01 2008

L’affaire du Rhône : la position des organismes de formation

Par FLE Attaque :: 30/01/2008 à 17:07 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

Communiqué du 9 janvier 2008 :
Le Synofdes (Syndicat national des organismes de formation de l'économie sociale) et la fédération nationale des Urof (Unions régionales des organismes de formation) s'inquiètent de la décision du préfet du Rhône de "faire appel à des formateurs volontaires" pour apprendre le français aux étrangers en situation régulière (plan CLEF), dans le but "de pallier les carences du système actuel, généré par l'État dans le cadre des marchés publics", et "de créer du lien entre des personnes de la société civile et d'autres en grande difficulté".

"La formation linguistique reste dans le cadre du livre IX du code du travail et de la loi de mai 2004 relative à la formation professionnelle et au dialogue social", rappellent les deux organismes, et "c'est bien de formation professionnelle dont il s'agit avec les droits, les devoirs de chacun et le cadre légal qui s'y applique (…). Qu'elle relève du FLE (français langue étrangère), de l'alphabétisation ou de la lutte contre l'illettrisme, la formation requiert des compétences importantes et exige un professionnalisme à toute épreuve, de l'expérience, la connaissance des publics et des
territoires."

Alors que l'État, dans le cadre des marchés publics, demande des niveaux de qualification et de compétence des formateurs élevés (bac + 4, maîtrise FLE), ainsi que l'application de la convention collective des organismes de formation", pourquoi est-on si peu exigeant, dans le cadre du PDAF (Plan départemental d'apprentissage du français). "Ce serait méconnaître les réalités, voire dangereux, de penser qu'il suffit de quelques heures de formation pour s'improviser pédagogue et formateur".

Le Synofdes et la fédération nationale des Urof dénoncent, depuis "plus de quinze ans", "la remise en cause systématique des politiques de formation linguistique basées sur le développement, l'accès à une qualification et l'émancipation des personnes". Ils considèrent que "l'abandon des actions Sife (stages d'insertion et de formation à l'emploi) puis la mise en place des formations linguistiques dans le cadre du CAI (contrat d'accueil et d'intégration) participent de ces orientations vers des formations utilitaristes et montrent bien une volonté d'instrumentaliser ces politiques à des fins de gestion des flux migratoires et de main d'oeuvre".

Ils jugent que "le transfert complet aux régions de la compétence formation avec des moyens très faibles ne permet pas à ces dernières de répondre aux besoins réels et pose la problématique de l'égalité de traitement selon les territoires".

Egalement en ligne
La pétition contre le dispositif CLEF

En 2008, Fle Attaque s’installe à Toulouse !

Par FLE Attaque :: 27/01/2008 à 14:09 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

   Après des prises de contacts en 2007, après la manifestation du 20 novembre  (où des professeur-e-s de Fle ont été interviewés par radio mon païs et M6 Toulouse), Fle Attaque s’installe maintenant dans la ville rose.

   La réunion Fle Attaque du 2 janvier 2008 à Terra Nova a permis aux participant-e-s d’échanger autour de leurs expériences, des objectifs, projets et actions de Fle Attaque. Vous pouvez dorénavant prendre contact avec le collectif Fle Attaque Toulouse via fleattaque.toulouse2(@)gmail.com (les parenthèses nous protègent du pourriel).

 

Labellisation des centres de FLE. Création des ECF, Immigration choisie : quelle politique pour quels résultats ?

Par FLE Attaque :: 15/01/2008 à 10:18 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels

" La labellisation mise en place à l’initiative des ministères de l’Éducation Nationale, des Affaires Étrangères et de la Culture est en réalité une accréditation déguisée en labellisation.

 

Les organisateurs du dispositif d’évaluation ont ignoré le rôle essentiel du travail effectué depuis une quinzaine d’années par les groupements professionnels – associatifs, publics et privés – sur la question du contrôle qualité. En outre, désigné comme opérateur pour le compte des ministères, le CIEP se retrouve juge et partie.

 

Ni les responsables des centres, ni les personnels enseignants n’ont été démocratiquement associés au processus, dont l’essentiel n’a jamais été négociable :

– ni en ce qui concerne la formule de démarche-qualité forgée par les experts des ministères, dont le modèle a été celui des gros centres de FLE, universitaires ou privés ;

– ni en ce qui concerne les contraintes financières (cf. les frais pour les candidats à la labellisation), qui reviennent à faire financer une « labellisation » d’État par une majorité d’organismes associatifs et privés (sur 200 centres de FLE en France, 28 seulement sont publics

 

Il est entendu qu’il ne s’agit pas de soustraire les centres de langues privés ou publics de tout contrôle mais d’en concevoir un seul pour l’ensemble. Fortes sont les exigences des étudiants parfois insatisfaits tant dans le public que dans le privé et nombreuses sont les attentes des personnels administratifs, les enseignants qualifiés en FLE. Cependant en l’état le processus de labellisation ne règle pas les problèmes de reconnaissance des métiers du FLE. Tout au plus s’avère–t-il coûteux pour l’établissement (l’argent est le premier critère de sélection) et oppressant pour tous les acteurs des centres, quoiqu’en disent les initiateurs.

 

Par ailleurs, cette politique de labellisation se trouve dans une situation paradoxale puisqu’elle ne peut être isolée de la création, dans les ambassades, des CEF-ECF (« Centres pour les Études en France », renommés depuis « Espaces Campus France »). Ces centres sont désormais des outils au service d’une logique de gestion restrictive des flux migratoires officialisée depuis la loi du 24 juillet 2006. Cette loi sur l’immigration instaure un durcissement des réglementations régissant l’entrée et le séjour des étrangers ainsi que le droit d’asile (CESEDA) ; et cette évolution est d’autant plus forte que l’apparition d’un ministère de « l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Co-développement » décharge le ministère des Affaires étrangères et européennes d’une partie de ses prérogatives dans ce domaine. La création de ces guichets uniques à l’étranger apparaît comme un pendant de cette « immigration choisie ».

 

Ainsi la labellisation en France est-elle doublée à l’étranger au nom cette ségrégation migratoire, par une présélection des étudiants effectuée sur place par les consulats au moyen des ECF, qui font passer des tests de langue payants aux candidats.

 

Dans un tel contexte, on peut se poser légitimement les questions suivantes :

– À quoi bon imposer un label supposé attirer plus d’étudiants étrangers, tandis que dans le même temps on dissuade la plupart de ceux qui le voudraient de venir étudier le français en France ?

- S’agit-il de limiter l’accueil aux « meilleurs étudiants » : les étudiants dits « d’excellence », ou les plus fortunés ?

- Le travail des ECF consiste-t-il à faire venir des étudiants déjà francophones pour la plupart d’entre eux (car recrutés notamment aux seuls niveaux master et doctorat) ?

– À plus ou moins long terme, n’est-ce pas une diminution significative du nombre de centres de FLE qui se profile , alors qu’à l’étranger on envisage leur privatisation (cf. un article du quotidien La Croix du 17/12//2007) ?

 

Force est de constater que le manque de valorisation des métiers du FLE-FLS en France a de quoi inquiéter, malgré l’importance des besoins – notamment en France : cf. le français de scolarisation – et les sempiternels discours sur la défense de la langue-culture française ou le rayonnement de la Francophonie.

 

Peut on encore prétendre renforcer l’attractivité de notre pays alors que l’on organise en réalité, sous couvert de rationalisation, le durcissement d’une politique d’immigration de plus en plus restrictive ?

L’enseignement de la langue française a aujourd’hui besoin de tous ses acteurs dynamiques, aussi bien publics que privés, en France et à l’étranger, afin de se maintenir comme langue de communication et de culture et d’assurer l’attractivité du français et de la France.

 

Dans cette perspective, les membres du collectif FLE-FLS appellent à la création pour toute la profession d’une procédure d'expertise collective indépendante de la hiérarchie de l’État mais aussi des entreprises commerciales. Des professionnels venus du privé et du public participeraient à cette Instance (chercheurs, enseignants – y compris vacataires et contractuels - et directeurs). Il s’agirait de mettre en place des évaluations d’accompagnement enrichissantes permettant un allégement du dispositif actuel au profit d’un seul label FLE et non de renforcer la concurrence public, privé.

 

Par ailleurs le collectif FLE-FLS demande au Gouvernement de veiller à une plus grande cohérence des actions de l’État et à leurs conséquences sur l’enseignement et la diffusion de notre langue et sur l’avenir du FLE/FLS tant en France qu’à l’étranger.


Paris, 12 janvier 2008" [version corrigée du 15 janvier 2008]

 

 

Le Bureau national du Collectif FLE-FLS

Chantal Forestal

Maître de Conférences, Université de Provence, Présidente

William Charton

Enseignant non titulaire, Université Nancy 2

Thierry Lebeaupin

Professeur certifié, Université de Franche-Comté

Yannick Lefranc

Maître de Conférences , Université Marc Bloch ,Strasbourg

Gérard Ribot

Groupement des centres Fle.fr

Christian Puren

Professeur des Universités, Universités de Saint-Étienne et de Tallinn

Compétences, formations et métiers du FLE

Par FLE Attaque :: 09/01/2008 à 18:27 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels
Bonne nouvelle !
L'Asdifle organise un après-midi pour réfléchir sur "compétences, formations, métiers" le 25 janvier prochain.
FLE attaque a engagé depuis quelques mois un travail sur les compétences des enseignants dans le cadre de l'élaboration de son référentiel métier.
Voici donc un rendez-vous qui vous intéressera !
Tilo


Une pétition de la FERC à propos de l'affaire du Rhône

Par FLE Attaque :: 29/12/2007 à 11:54 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels
http://ferc.cgt.66.over-blog.com/article-14592232.html


Apprentissage du français

aux nouveaux arrivants en France


Fin octobre 2007, le préfet du Rhône a mis en place une opération « pilote » dans le cadre du plan d’apprentissage du français aux nouveaux arrivants en France.

Cette opération a recruté 137 volontaires (retraités, fonctionnaires d’Etat ou territoriaux) « indemnisés » en plus de leur salaire ou retraite, pour dispenser une formation assurée depuis plus de 50 ans par des enseignants formateurs en FLE (français langue étrangère) qualifiés et expérimentés, au sein d’organismes et d’associations reconnus.

Quelle qualité de l’enseignement ?

Ces volontaires sont devenus « formateurs » après une formation de 4 jours et un « kit pédagogique ». A comparer avec la durée d’études et la qualification (master) exigées pour les formateurs enseignants en FLE ainsi que pour tout enseignant en France. Les publics étrangers ont droit, eux aussi, à un enseignement de qualité.

Quel statut du formateur FLE ?

La mise en place de cette formation pour adultes rétribue les volontaires sur la base de 25 euros bruts de l’heure, soit le double de la rémunération fixée par la convention collective des formateurs. C’est le mépris et la mort programmée des enseignants formateurs FLE.

Les signataires exigent :

-          un apprentissage du français de qualité pour les publics étrangers,
-          une formation assurée par des professionnels qualifiés et expérimentés,
-          la reconnaissance d’un vrai statut des enseignants FLE et la revalorisation de la rémunération de base en accord avec leurs qualifications,
-          l’abandon et le non élargissement de cette opération « pilote ».

NOM

VILLE

SIGNATURE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


A retourner à la FERC – CGT, Case 544, 93515 MONTREUIL CEDEX
ou
FERC CGT des PO Bourse du Travail Place Rigaud 66 000 Perpignan
en copié collé

 

Informations tirées du site http://ferc.cgt.66.over-blog.com/article-14592232.html

En 2008 les centres Fle.fr adoptent le Label FLE

Par FLE Attaque :: 27/12/2007 à 21:55 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels
"Label FLE : le label professionnel

Le Label FLE est l’aboutissement de la dynamique de qualité impulsée depuis sa création par le Groupement des centres Fle.fr ; il est délivré par le Conseil professionnel de labellisation des centres de FLE, au terme d’un processus prenant appui sur un référentiel qualité accompagné d’un audit du centre permettant de contrôler sur place la qualité des programmes et des services proposés.

Le Label FLE vise à offrir ainsi dès le 1er janvier 2008 une véritable garantie de qualité aux publics accueillis dans les centres de FLE et aux professionnels prescripteurs de séjours et de formations linguistiques en France.

Elaboré par des professionnels pour des professionnels; le label FLE met plus particulièrement l’accent sur :

une approche globale du processus qualité, prenant en compte toutes les formations et tous les publics accueillis par le centre
la dimension européenne de l’enseignement des langues
la diversité et les spécificités respectives des centres
la prise en compte des autres démarches qualité dans lesquelles les centres sont éventuellement engagés.

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger sur le site http://www.fle.fr :

Le Guide Label FLE

Le Référentiel qualité label FLE"

Informations tirées du site http://www.fle.fr/pro/index.html

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